Publié le 25 Février 2014

Cette liste est loin d’être exhaustive mais ce sont des auteurs que j’apprécie !

  • Philosophique : Platon, Hermann Hesse, Jean-Paul Sartre
  • Humoristique : François Rabelais, Molière, Jonathan Swift, Mark Twain
  • Mélancolique : George Sand, Gustave Flaubert, Alain-Fournier
  • Romantique : William Shakespeare, Madame de La Fayette, Jane Austen, Alfred de Musset
  • Absurde : Alfred Jarry, Samuel Beckett, Eugène Ionesco
  • Subversif : Donatien Alphonse François de Sade, Jules Barbey d’Aurevilly, Boris Vian
  • Oulipien : Raymond Queneau, George Perec
  • Engagé : Jean de La Fontaine, Voltaire, Bertolt Brecht, George Orwell
  • Merveilleux : Lewis Carroll, Mathias Malzieu
  • Valeurs sûres : Guy de Maupassant, Stefan Zweig
  • Ecriture blanche : Albert Camus, Marguerite Duras
  • Enfance : Jacob et Wilhelm Grimm, Roald Dahl, Astrid Lindgren
  • Voyages : Antoine de Saint Exupéry, Joseph Kessel, Jean-Marie Gustave Le Clézio
  • Couples : Françoise Sagan, David Foenkinos
  • Détente : Gilles Legardinier, Amélie Nothomb, Anna Gavalda
  • Religion : Paulo Coelho, Erri De Luca, Eric-Emmanuel Schmitt, Frédéric Lenoir
  • Erudition : Marguerite Yourcenar, Milan Kundera
  • Tendresse : Camille Laurens, Laurence Tardieu
  • Mystères : Edgar Allan Poe, Robert Louis Stevenson, Oscar Wilde, Agatha Christie
Quelques idées d’auteurs selon votre état d’âme ou vos envies…

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Rédigé par Perrine

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Publié le 25 Février 2014

« Deux n’est pas le double mais le contraire de un, de sa solitude. »

***

« Je suis éclos de ta plénitude

sans te laisser vide parce que le vide

je l’ai emporté avec moi.

Je suis venu nu, tu m’as couvert

ainsi j’ai appris nudité et pudeur

le lait et son absence.

Tu m’as mis en bouche tous les mots

par cuillérées, sauf un : maman.

Celui-là le fils l’invente en battant ses deux lèvres

celui-là le fils l’enseigne. »

(Extrait de Mamm’Emilia)

***

"Arrivé au moment du récit où la lumière fut introduite par le bois et laissée étalée sur ta main et sur tes cils, tu m’as regardé droit, plus sur le front que dans les yeux. […] Et, à la naissance de mes cheveux où descendait une touche de lumière aussi pour moi, tu pointas une ouverture de sourire à faire fermer les yeux. Ainsi, tu t’es levée, ta respiration maîtrisée, la mienne coupée […]. Je suis resté un peu. Le coin de lumière à ta place se recouvrait d’ombre.

C’était en août, il y a bien des années, tu étais une épouse, une mère d’enfants petits. Ce soir-là […], nous serrés l’un contre l’autre dans la voiture, toi tu as cherché ma main sous une couverture et tu l’as gardée. J’ai plissé les yeux pour étrangler le temps. Avec les yeux on y arrive. […]

J’ai aimé et connu les corps échauffés et pris dans l’enlacement, mais ton geste est un petit drapeau planté sur un sommet en plein vent, là où l’on ne peut monter vers une plus grande intimité, où celle qu’on a atteinte est inhabitable. De là, il faut descendre. Ca, je sais le dire maintenant. Alors, ta main a été la conjonction « et », la particule qui est entre deux noms et qui les accouple mieux que les étreintes et les baisers. Ta petite main serrée dans la mienne inutilement large, serrée à double tour, nous enfermait tous les deux dedans, tous les autres dehors.

A l’arrivée, je ne voulais pas la quitter, pas moi le premier, tu devais le faire toi. Tu l’as retirée tiède de caresse, tu l’as remise à sa place, en haut du poignet, du corps séparé. […]

J’en ai mis du temps à me répéter que c’était tout, que ce peu-là portait la plénitude de l’entier."

(Extrait de La conjonction et)

Extraits de Le contraire de un, d’Erri De Luca

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Rédigé par Perrine

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Publié le 25 Février 2014

Ce dialogue, que je qualifierai presque de socratique, entre Goldmund et son ancien maître Narcisse, est certainement l’un des plus édifiants passages du chef d’œuvre de Hermann Hesse. J’en cite ici quelques extraits.

« G. : C’est parce que le monde est plein de mort et d’épouvante que je cherche sans cesse à consoler mon cœur et à cueillir les belles fleurs qui poussent au milieu de l’enfer. Je jouis de la volupté et j’oublie l’horreur pour une heure. Elle n’en est pas moins là.

N. : […] Ainsi tu te sens entouré d’horreurs dans la réalité et tu te réfugies dans le plaisir. Mais le plaisir est fugitif, il te laisse ensuite dans la désolation. […] Dis-moi, en dehors de ce jeu de bascule entre la joie de vivre et le sentiment de la mort – n’as-tu pas essayé de trouver encore quelque autre voie ?

G. : Si, naturellement ; j’ai fait l’expérience de l’art. […]

N. : […] Mais qu’est-ce que l’art t’a apporté, que signifie-t-il pour toi ?

G. : Le triomphe sur la vie fugitive ; je me suis rendu compte que, de la farce et de la danse macabre de la vie humaine, il y avait une chose qui demeurait, qui survivait, l’œuvre d’art. Elle aussi périt bien un jour, elle est consumée, gâtée, brisée. Mais tout de même elle survit à bien des vies humaines et constitue, au-delà de l’instant qui passe, un domaine paisible d’images et de choses saintes. Il me semble bon et consolant d’y travailler, car c’est presque conférer aux choses éphémères l’éternité.

N. : J’en suis bien heureux. […] Mais je crois que ta définition n’a pas épuisé ce qu’il y a de merveilleux dans l’art. Je crois que le rôle de l’art n’est pas uniquement d’arracher à la mort, par le moyen de la pierre, du bois ou des couleurs, des êtres réels et de leur conférer une plus longue durée. J’ai vu bien des œuvres d’art […] qui ne me semblaient pas de simples reproductions de quelque individu ayant un jour vécu et dont les formes ou les couleurs ont été sauvées par l’artiste.

G. : Tu as raison ! […] La vision première qui prend forme dans une belle œuvre d’art, ce n’est pas une personne réelle, vivante, bien qu’elle en puisse être le sujet. La vision première n’est pas chair et sang, elle est esprit ; elle réside dans l’âme de l’artiste. Moi aussi, Narcisse, je porte en mon âme de telles visions, j’espère les manifester et te les montrer un jour.

N. : Splendide ! Et maintenant, mon cher, voilà que, sans le savoir, tu te trouves en plein milieu de la philosophie et que tu exprimes un de ses secrets.

G. : Tu te moques de moi !

N. : Mais non. Tu as parlé de visions premières, donc d’images qui n’existent nulle part que dans l’esprit créateur, mais qui peuvent être réalisées dans la matière et rendues visibles. Longtemps avant qu’une image artistique soit visible et prenne une réalité, elle existe dans l’âme de l’artiste. Cette image première, c’est précisément ce que les Anciens appellent une « idée ».

G. : Je n’en doute nullement.

N. : Et en reconnaissant les idées et les visions premières, te voilà dans le monde de l’esprit, dans notre monde à nous philosophes et théologiens, et tu confesses la présence de l’esprit créateur au milieu du champ de bataille déconcertant et douloureux de la vie, au milieu de cette danse macabre sans objet et sans signification de l’existence pratique. […] Chez toi, cet esprit-là n’est pas celui d’un penseur, c’est celui d’un artiste. Mais il est esprit et te montrera la voie qui te mènera hors de la morne confusion du monde des sens, hors de cette éternelle succession du plaisir et du désespoir. Oh ! que je suis heureux d’avoir entendu de toi cet aveu ! Je l’attendais depuis les jours lointains où tu as quitté ton maître Narcisse et trouvé le courage d’être toi-même. »

Extraits de Narcisse et Goldmund, de Hermann Hesse : sur l’art et la philosophie

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Rédigé par Perrine

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Publié le 18 Février 2014

J'ai eu envie de relever et de juxtaposer les extraits suivants de Siddhartha, témoins de son évolution au fil de son voyage initiatique qui m'ont particulièrement plu.

Ils font notamment référence au Samsara, dont la définition, telle qu'elle est donnée dans le livre, est la suivante : "les vicissitudes du monde, de la vie et de la mort, le monde des humains, l'Océan de la Naissance et de la Mort, l'instabilité et la non-durée des choses, l'inquiétude de la vie du monde, l'agitation de l'égoïsme, la vanité de l'existence."

***

"Il sentait […] qu'il y avait en lui quelque chose qui le séparait d'eux. […] Il les voyait se tourmenter, peiner et vieillir pour acquérir des choses qui, selon lui, n'en valaient pas la peine : de l'argent, un pauvre petit plaisir, de maigres honneurs ; il les voyait se quereller, s'insulter ; il les entendait se plaindre de douleurs […] et souffrir de privations qu'[il] ne sentait même pas."

***

"De temps en temps il percevait, au fond de sa poitrine, une voix qui se lamentait, très faible, comme celle d'un mourant et qui l'avertissait tout bas, si bas qu'il la distinguait à peine. Alors, pendant une heure, sa conscience lui reprochait de mener une existence bizarre, de ne s'occuper que des choses qui, au fond, ne méritaient pas d'être prises au sérieux. […] Il était bien obligé de reconnaître que la vie, la véritable vie, passait à côté de lui sans le toucher. […] Cela n'arrivait ni à son cœur, ni à la source de son âme qui, elle, coulait invisible et allait se perdre quelque part, bien loin de sa vie. Parfois il s'effrayait de ces pensées et faisait des vœux pour qu'il lui fût possible de se passionner aussi vraiment pour toutes ces puérilités, d'y mettre un peu de son âme afin de vivre réellement sa vie, d'en jouir avec plénitude au lieu de s'en tenir à l'écart et d'en être seulement le spectateur. […]

- Tu es comme moi, tu ne ressembles point à la plupart des autres créatures. […] En toi il y a un asile de paix où tu peux, à ton gré, te réfugier et t'installer en toute commodité, comme je peux le faire en moi-même. Bien peu d'hommes ont cette ressource et cependant tous pourraient l'avoir."

***

"- Tu ne m'aimes pas, tu n'aimes personne. […]

- C'est bien possible. […] Je suis comme toi. Toi non plus, tu n'aimes point. […] Les êtres tels que nous sont peut-être dans l'impossibilité d'aimer. Les autres hommes le peuvent ; c'est là leur secret."

***

"Ce fut lentement aussi que […], au milieu de ses richesses toujours croissantes, [il] prit lui-même un peu des manières des autres hommes, de leur puérilité et de leur pusillanimité. Et pourtant il leur portait envie, et ce, d'autant plus qu'il leur ressemblait davantage. La chose qu'il leur enviait le plus, parce qu'elle lui faisait entièrement défaut, c'était l'importance qu'ils savaient donner à leur existence, la passion qu'ils mettaient à leurs plaisirs et à leurs peines, le bonheur anxieux mais doux qu'ils trouvaient à leurs éternelles manies amoureuses. Ces hommes s'attachaient toujours plus à eux-mêmes, aux femmes, à leurs enfants, à l'honneur ou à l'argent, à leurs projets ou à leurs espérances […] cette joie naïve, cette innocente folie."

Extraits de Siddhartha, de Hermann Hesse

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Publié le 9 Février 2014

"Dans toutes les conditions de ma vie où j'ai été libre de choisir ma manière d'être, j'ai cherché un moyen d'idéaliser la réalité autour de moi [...]. Un songe d'âge d'or, un mirage d'innocence champêtre, artiste ou poétique, m'a prise dès l'enfance et m'a suivie dans l'âge mûr."

(Histoire de ma vie)

***

[Les enfants] vivent, par leurs jeux mêmes, dans un milieu fictif, où la rêverie peut les suivre sans être refroidie par la réalité. [Ils] appartiennent au monde de l'idéal, par la simplicité de leurs pensées".

(Gabriel, notice)

***

"A ma petite-fille Aurore Sand,

La question est de savoir s'il y a des fées, ou s'il n'y en a pas. Tu es dans l'âge où l'on aime le merveilleux et je voudrais bien que le merveilleux fût dans la nature, que tu n'aimes pas moins.

Moi, je pense qu'il y est ; sans cela je ne pourrais pas t'en donner.

Reste à savoir où sont ces êtres, dits surnaturels, les génies et les fées ; d'où ils viennent et où ils vont, quel empire ils exercent sur nous et où ils nous conduisent. Beaucoup de grandes personnes ne le savent pas bien, et c'est pourquoi je veux leur faire lire les histoires que je te raconte en t'endormant."

(Le château de Pictordu, dédicace)

Trois citations de George Sand sur le rêve et le merveilleux

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Publié le 9 Février 2014

"Chaque être humain est unique, il a ses propres qualités, ses instincts, ses formes de plaisir, sa quête de l'aventure. Cependant la société impose une manière d'agir collective, et les gens ne cessent de se demander pourquoi ils doivent se comporter ainsi."

Extrait de Veronika décide de mourir, de Paulo Coelho

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Publié le 9 Février 2014

"Il doit rester quelques rêves d'enfant cachés sous mon oreiller, je tenterai de ne pas les écraser avec ma tête lourde de soucis d'adulte."

Citation de La Mécanique du Cœur, de Mathias Malzieu

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Publié le 9 Février 2014

"Tes yeux sont trop grands, on voit ton cœur à travers quand tu ris."

Citation de Le plus petit baiser jamais recensé, de Mathias Malzieu

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Publié le 9 Février 2014

« Elle a pris un ciseau, elle a fait sauter des copeaux de sa chair. Puis, avec une gouge elle a raclé ce qui restait, épointé les coudes, décharné les doigts, dégagé les clavicules. Elle a fait d'elle un Giacometti qui s'élance et marche sans répit pour ne pas tomber. »

Extrait de L'Enfant plume, de Janine Teisson

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Publié le 9 Février 2014

"C'est donc cela, la vie d'adulte : construire des châteaux de sable, puis sauter dessus à pieds joints."

Citation de L'amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder

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