Publié le 31 Mai 2013

Genre : Roman épistolaire

Date de parution : 1938

Quatrième de couverture :

1er août 1933. "Tu es un libéral, Martin. Tu vois les choses à long terme. Je sais que tu ne peux pas te laisser entraîner dans cette folie par un mouvement populaire qui, aussi fort soit-il, est foncièrement meurtrier."

18 août 1933. "Tu dis que nous persécutons les libéraux, Max, que nous brûlons les livres. Tu devrais te réveiller : est-ce que le chirurgien qui enlève un cancer fait preuve de ce sentimentalisme niais ? Il taille dans le vif, sans états d âme. Oui, nous sommes cruels. La naissance est un acte brutal; notre re-naissance l'est aussi."

1932. Martin Schulse, un Allemand, et Max Eisenstein, un juif américain, sont marchands de tableaux en Californie. Ils sont aussi unis par des liens plus qu'affectueux - fraternels. Le premier décide de rentrer en Allemagne. C'est leur correspondance fictive entre 1932 et 1934 qui constitue ce petit livre inédit en France, écrit par une Américaine en 1938, et salué à l'époque aux États-Unis, comme un chef d’œuvre. Incisif, court et au dénouement saisissant, ce livre capte l'Histoire avec justesse. C'est un instantané, une photographie prise sur le vif qui décrit sans complaisance, ni didactisme forcené, une tragédie intime et collective, celle de l'Allemagne nazie.

Mon avis :

C'est une histoire tragique, comme elles le sont souvent, sur la montée du nazisme et le thème de la Shoah. Une histoire humaine et touchante, qui, sous la forme d'une correspondance, prend une dimension d'autant plus inquiétante : au fil des courriers, on pressent les non-dits, l'amitié qui s'étiole et se détruit jusqu'à se transformer en relation de haine.

L'adaptation théâtrale que j'ai vue m'a aussi beaucoup bouleversée. Mais je n'ai pas envie de dire : "âmes sensibles, s'abstenir". C'est un livre réaliste et humain, une mise en garde contre la cruauté, la haine et l'endoctrinement, qui peuvent venir à bout même des relations les plus belles. C'est triste, cruel, mais éloquent.

Inconnu à cette adresse, de Kathrine Kressmann Taylor

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Romans

Repost 0

Publié le 31 Mai 2013

Genre : Théâtre

Date de parution : 1994

Quatrième de couverture :

C'est la guerre et c'est l'hiver.
Deux hommes et une femme sont terrés dans un appartement.
Combien de jours leur reste-t-il à vivre ?
En attendant, il n'est plus interdit de révéler ses vraies passions.
L'amour, le désir, l'intelligence résistent-ils au froid ?
A-t-on le droit de consumer ses dernières forces à lire de la mauvaise littérature ?
Enfin, à l'heure du choix ultime, quel livre est assez important pour ne pas être mis à l'épreuve du feu ?

Mon avis :

Il serait difficile de faire un classement des romans d'Amélie Nothomb, mais s'il le fallait, Les combustibles résiderait sans doute aux premières loges, aux côtés d'Acide sulfurique, Mercure ou Cosmétique de l'ennemi.

Cette pièce présente un certain nombre de similitudes avec Huis clos de Sartre : les personnages sont trois, toute l'histoire se déroule dans la même pièce, et comme le dit allusivement Marina, "L'enfer, c'est le froid !"

Puisqu'il s'agit de se réchauffer en brûlant des livres, les derniers combustibles à disposition dans la pièce, la question qui se pose n'est plus "Quel livre emporterions-nous sur une île déserte ?" mais bel et bien "Lequel ira le premier au bûcher ?"

Sur un ton ironique, Nothomb nous livre ici ses réflexions sur la littérature, son importance et ses effets dans la vie quotidienne, l'hypocrisie pompeuse des universitaires.

Existe-t-il des livres bons ou mauvais ? Possèdent-ils un quelconque pouvoir contre la guerre ? Faut-il préférer un peu de chaleur à un livre ? Peut-on l'apprécier lorsqu'on a faim et froid ? Et peut-on continuer à vivre et à croire sans les livres ? Somme toute est-ce un luxe que la littérature ?

J'ai vraiment aimé ce dialogue, cette réflexion sur la hiérarchie des besoins et l'importance des livres, peut-être secondaire, relative, mais néanmoins humaine et salvatrice. Car comme le dit si justement le Professeur, "Si nous nous mettions à brûler les livres, alors, vraiment, nous aurions perdu la guerre !"

Les combustibles, d'Amélie Nothomb

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Théâtre

Repost 0

Publié le 31 Mai 2013

Genre : Roman

Date de parution : 1965

Quatrième de couverture :

On connaît le célèbre apologue chinois : Tchouang-tseu rêve qu'il est un papillon, mais n'est-ce point le papillon qui rêve qu'il est Tchouang-tseu ? De même dans ce roman, est-ce le duc d'Auge qui rêve qu'il est Cidrolin ou Cidrolin qui rêve qu'il est le duc d'Auge ?

Mon avis :

Comment rédiger mon blog sans évoquer Les fleurs bleues de Raymond Queneau, l'un de mes romans préférés ? Rempli d'humour et de finesse, ce livre nous offre un voyage dans le temps et au pays des rêves. C'est à la fois drôle, saugrenu, merveilleux, piquant...

Une fois de plus, Queneau illustre son génie dans ce roman qu'on pourrait lire deux fois, trois fois, sans en saisir encore toutes les nuances et les subtilités. Truffé d'allusions, de clins d’œil et de jeux de langage, ce roman est un pur régal ! A lire absolument !

Les fleurs bleues, de Raymond Queneau

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Romans

Repost 0

Publié le 27 Mai 2013

Juste pour le plaisir....

"Dix petits nègres s'en furent dîner,
L'un d'eux but à s'en étrangler
N'en resta plus que neuf.

Neuf petits nègres se couchèrent à minuit,
L'un d'eux à jamais s'endormit
N'en resta plus que huit.

Huit petits nègres dans le Devon étaient allés,
L'un d'eux voulut y demeurer
N'en resta plus que sept.

Sept petits nègres fendirent du petit bois,
En deux l'un se coupa ma foi
N'en resta plus que six.

Six petits nègres rêvassaient au rucher,
Une abeille l'un d'eux a piqué
N'en resta plus que cinq.

Cinq petits nègres étaient avocats à la cour,
L'un d'eux finit en haute cour
N'en resta plus que quatre.

Quatre petits nègres se baignèrent au matin,
Poisson d'avril goba l'un
N'en resta plus que trois.

Trois petits nègres s'en allèrent au zoo,
Un ours de l'un fit la peau
N'en resta plus que deux.

Deux petits nègres se dorèrent au soleil,
L'un d'eux devint vermeil
N'en resta plus qu'un.

Un petit nègre se retrouva tout esseulé
Se pendre il s'en est allé
N'en resta plus... du tout."

La comptine des Dix petits nègres, d'Agatha Christie

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 27 Mai 2013

Genre : Série ados

Date de parution : 2003

Quatrième de couverture :

Comme Les Trois Mousquetaires étaient quatre, les Quatre Sœurs Verdelaine sont cinq. Il y a les plus jeunes, celles qui, chacune, donnent son titre à une partie de ce livre : Enid, 9 ans, se dévoue à la protection des pensionnaires du grand sycomore du jardin, Blitz l'écureuil et Swift la chauve-souris, et dialogue à l'occasion avec son ami Gnome de la Chasse d'eau. Hortense, 11 ans, passe le plus clair de son temps à lire, à tenir son journal et à se demander ce qu'elle va faire comme métier. Architecte ? Chirurgienne ? Bettina, 14 ans, fait sa bêcheuse dans la salle de bains, se shoote aux 218 épisodes du feuilleton Cooper Lane, copine avec Denise et Béhotéguy, et enquiquine le reste du monde. Geneviève, 16 ans, prend des cours de boxe thaïe essoufflants tandis que les autres la croient occupée à baby-sitter. Mais il y a aussi Charlie, l'aînée, 23 ans, qui s'occupe de tout : bricoler, cuisiner ; travailler dans un labo, aimer Basile, tirer le diable par la queue et tenter d'élever ses cadettes depuis la mort des parents. Tout ce petit monde habite la Vill'Hervé, une grande maison au bout du bout de la lande, au bord du bord de la falaise, pleine de recoins, de mystère, d'hôtes de passage et de pannes de Madame Chaudière. Il essaie de vivre (ça marche), il essaie d'aimer (bof, bof...), il essaie d'affronter les épreuves (tout est toujours à recommencer) et il essaie d'en rire (à tous les coups l'on gagne).

Mon avis :

Quatre tomes pour suivre les aventures de quatre sœurs : Enid, Hortense, Bettina et Geneviève. A chaque âge ses histoires, ses aventures et ses rêveries. J'ai eu un véritable coup de cœur pour cette série lorsque j'étais ado, et j'en garde encore des souvenirs étonnamment précis : je revois la maison et ses escaliers en colimaçon, l'ambiance du jardin peuplé de personnages imaginaires, et bien sûr cette brochette de sœurs, toutes différentes, chacune touchante à sa façon... J'ai aimé cette série que je recommande à toute demoiselle en quête d'évasion !

Quatre soeurs, de Malika Ferdjoukh

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Jeunesse

Repost 0

Publié le 27 Mai 2013

Genre : Conte philosophique

Date de parution : 2001

Quatrième de couverture :

"Émilie fut la seule à remarquer que son fils avait dans le regard quelque chose de nouveau, d’indéchiffrable, une lumière impalpable qui lui rappelait ce bonheur intérieur qu’elle-même ressentait lorsqu’elle allait visiter son propre secret. Elle sut que Pierre taisait l’essentiel, mais elle resta silencieuse."

Que s’est-il donc passé dans la vieille vigne abandonnée où l’on a retrouvé Pierre Morin inanimé après deux jours d’absence ? Dans le village, tous s’interrogent, se passionnent, et cherchent à percer à tout prix son secret. Avec ce récit captivant d’un genre tout à fait nouveau, aux frontières du conte philosophique et du roman à suspense, Frédéric Lenoir nous offre une parabole sur les choix et les valeurs essentielles de notre existence.

Mon avis :

Ce conte, qui va à l'encontre de la jalousie et de l'avidité des hommes, nous rappelle que les choses qui ont le plus de valeur sont celles qui n'ont pas de prix.

A la lecture de cette histoire, le suspens est à son comble jusqu'au bout, et l'envie de connaître ce Secret, presque irrésistible ! C'est pourquoi je ne révélerai rien, hormis le fait que je n'ai pas été déçue : j'ai trouvé la fin simplement magnifique... C'est un petit bijou.

Le Secret, de Frédéric Lenoir

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Romans

Repost 0

Publié le 27 Mai 2013

Genre : Nouvelle réaliste

Date de parution : 1953

Quatrième de couverture :

Au cours d’une de ses promenades en Haute-Provence, Jean Giono a un jour rencontré un personnage extraordinaire, un berger solitaire et paisible qui plantait des arbres, des milliers d’arbres. Au fil des ans, le vieil homme a réalisé son rêve : la lande aride et désolée est devenue une terre pleine de vie...

Une histoire simple et généreuse, un portrait émouvant et un hymne à la nature.

Mon avis :

Cette nouvelle de Jean Giono est inspirée d'une histoire vraie, celle d'un berger qui chaque matin partait semer des graines à des kilomètres de chez lui, malgré la guerre et les intempéries. Cet homme a gardé ce secret toute sa vie ; il a ainsi planté une magnifique forêt, que les habitants des environs considéraient comme un miracle.

Jean Giono rend hommage à la beauté et à l'humanité de la vocation de cet homme humble et désintéressé. Cette histoire me tient aussi à cœur parce qu'elle sensibilise à la sauvegarde de l'environnement. C'est un beau texte, dont il existe également des versions illustrées pour la jeunesse.

L'homme qui plantait des arbres, de Jean Giono

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Nouvelles

Repost 0

Publié le 27 Mai 2013

"C'est parce que tu diffères de moi que je t'aime ; je n'aime en toi que ce qui diffère de moi."

Extrait des Nourritures terrestres, d'André Gide

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 27 Mai 2013

"Vous ne donnez que peu lorsque vous donnez de vos biens. C'est lorsque vous donnez de vous-mêmes que vous donnez réellement."

Citation du Prophète, de Khalil Gibran

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 26 Mai 2013

Genre : Roman

Date de parution : 2000

Quatrième de couverture :

C'est le plus grand critique culinaire du monde, le Pape de la gastronomie, le Messie des agapes somptueuses. Demain, il va mourir. Il le sait et il n'en a cure : aux portes de la mort, il est en quête d'une saveur qui lui trotte dans le cœur, une saveur d'enfance ou d'adolescence, un mets original et merveilleux dont il pressent qu'il vaut bien plus que tous ses festins de gourmet accompli. Alors il se souvient. Silencieusement, parfois frénétiquement, il vogue au gré des méandres de sa mémoire gustative, il plonge dans les cocottes de son enfance, il en arpente les plages et les potagers, entre campagne et parfums, odeurs et saveurs, fragrances, fumets, gibiers, viandes, poissons et premiers alcools... Il se souvient - et il ne trouve pas. Pas encore.

Mon avis :

Dans ce roman dont on retrouvera plus tard le personnage dans L'élégance du hérisson, Muriel Barbery manie la plume avec une élégance remarquable. Le livre ne se dévore pas, il se déguste et se savoure, pour le seul plaisir des mots... C'est à un quelconque livre de recettes ce que le restaurant gastronomique est au fast-food. Au sens propre du terme : un vrai régal... littéraire !

Au passage, ce livre a reçu le Prix du Meilleur Livre de Littérature gourmande 2000.

Une gourmandise, de Muriel Barbery

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Romans

Repost 0