Articles avec #citations tag

Publié le 13 Octobre 2017

« Un jour, elle lui dit, avec un sérieux extrême :

- Tu sais, le nuage de Tchernobyl ne s'est pas arrêté à la frontière.

- Pourquoi tu me parles de ça ?

- Notre espérance de vie est forcément amoindrie, à cause des radiations. Devenons amies.

- Je ne vois pas le rapport.

- Dans ce lycée, tu as toujours l'air de t'ennuyer. C'est dommage de gaspiller le temps d'une existence écourtée. Avec moi, tu ne t'ennuieras plus. »

Extrait de Frappe-toi le coeur, d'Amélie Nothomb

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 2 Avril 2017

Voici un magnifique tableau, personnalisé et unique, que j'ai reçu en cadeau !

Birds have wings, Humans have books...

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 8 Décembre 2016

« On n'est pas heureux deux fois. [...] Après, ce n'est plus pareil. On connaît des joies, des satisfactions, et même des moments de grâce. On rit, on est léger, la vie peut nous être douce, évidemment. Mais c'est autre chose. Ce n'est plus cette certitude. »

« Parfois, des trajectoires se croisent, sans raison, et se poursuivent après s'être séparées, mais la direction initiale s'en trouve légèrement déviée, et du fait de cette imperceptible correction, de cet infime infléchissement, c'est toute la suite qui est transformée. »

Citations des Passants de Lisbonne, de Philippe Besson

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 15 Mai 2016

La nuit de feu fait référence à la révélation du philosophe Pascal sur l'existence de Dieu. C'est un roman qui m'a beaucoup intéressée car je suis athée mais toujours intriguée par ce que peut représenter la foi chez les personnes croyantes.

Eric-Emmanuel Schmitt est confronté à une fervente catholique, Ségolène, lorsqu'il a 28 ans, âge où il ne se considère pas encore comme croyant. Ils ont une conversation très intéressante, la jeune femme essayant de lui "prouver" que Dieu existe.

Voici quelques extraits :

"(S) - L'ordre et l'intelligence du cosmos ne fournissent-ils pas un gage de Dieu ?

[...]

(E) - C'est une démonstration classique en philosophie. Voltaire disait : "L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait pas d'horloger." [...] D'abord une analogie ne constitue pas une preuve. Ensuite, il peut y avoir de l'ordre sans intention [...]. Enfin, la notion même de finalité me demeure suspecte car relevant d'une pure projection subjective : comment garantir que l'homme serait le but de l'univers ? L'univers a-t-il d'ailleurs un but ? [...] Et puis, [...] lorsque je vois les ratages de la création, [...] je me dis que Dieu, comme artisan, n'est pas un maître mais un apprenti. [...] Que de brouillons pour un si piètre aboutissement ! [...]

(S) - Pourtant, j'ai entendu dire que les philosophes avaient apporté des preuves de Dieu.

(E) - En dehors de celle que je viens de combattre - la preuve par la finalité -, il y en a trois. [...] La preuve par le consensus universel : en tout siècle, en tout lieu, les hommes ont cru en des dieux.

(S) - Exact. Ça ne te trouble pas ?

(E) - En tout siècle, en tout lieu jusqu'à une date récente, les hommes ont aussi cru que le Soleil tournait autour de la Terre. Il y a des illusions partagées. Et des sottises populaires. La quantité ne fait pas la vérité.

(S) - Quelle autre preuve ?

(E) - La preuve cosmologique : pour mettre le monde en mouvement, il faut une cause initiale, Dieu. Selon ce syllogisme, en remontant de cause en cause, on régresse à l'infini de manière aberrante, sauf si l'on s'arrête à une cause originelle qui, elle, n'en a pas. Seul Dieu, omnipotent, omniscient, hors de l'espace et du temps, peut accoucher de l'univers, pas le néant.

(S) - Et ça ne te convainc pas ?

(E) - L'allégation boite car, en se vantant d'appliquer le principe de causalité, elle en sort : elle recourt à une transcendance, à une cause sans cause, hors du monde. De surcroît, je remets en question ce principe de causalité : suffit-il ? Avec lui, je n'arriverai jamais à savoir ce qui est premier, de l’œuf ou de la poule.

(S) - Et la dernière ?

[...]

(E) - La preuve ontologique : Dieu a, par définition, toutes les qualités, donc forcément l'existence. Dire "Dieu n'existe pas" est une contradiction. Dire "Dieu existe" est un truisme.

Elle grimaça, vaincue d'avance.

(S) - Et ?

(E) - On ne saurait passer du domaine des idées au domaine du réel. On confond deux ordres, celui de la pensée, celui de la réalité. L'existence se prouve par l'expérience, non par le concept ou la déduction. Ce qui prospère dans mon esprit ne vit pas nécessairement en dehors de mon esprit. Dieu reste un postulat, un rêve, une envie, un fantasme... Attention à ne pas prendre son désir pour une réalité. [...]
Avec ses seules forces, la raison humaine n'arrive pas à s'assurer de Dieu. Ces prétendues "preuves" ne sont que des arguments en faveur de Dieu. Rien ne démontre son existence.

(S) - Rien ne la dénie non plus. [...] L'absence de preuves n'apporte pas la preuve de l'absence.
[...]

(E) - Tu as raison. Zéro partout. Dieu n'est présent que sous la forme de sa question. Chaque homme se demande ou s'est demandé si Dieu existe ; et chacun répond à sa guise. Le doute sur Dieu, voilà la minimum syndical de la réalité divine !"

***
Voici d'autres extraits de ce roman que j'ai particulièrement aimés :

- Sur la traversée du désert :

"Je manifestais moins d'impatience. Ma conception du voyage avait changé : la destination importe moins que l'abandon. Partir, ce n'est pas chercher, c'est tout quitter, proches, voisins, habitudes, désirs, opinions, soi-même. Partir n'a d'autre but que de se livrer à l'inconnu, à l'imprévu, à l'infini des possibles, voire même à l'impossible. Partir consiste à perdre ses repères, la maîtrise, l'illusion de savoir et à creuser en soi une disposition hospitalière qui permet à l'exceptionnel de surgir. Le véritable voyageur reste sans bagage et sans but."

- Sur une discussion entre deux membres du groupe, Ségolène, croyante, et Jean-Pierre, scientifique et athée militant :

"En fait, je ne me retrouvais en aucun des deux : ils se cramponnaient à des solutions simples, croire, ne pas croire, montrant un appétit suspect d'opinions catégoriques. Ni l'un ni l'autre ne supportaient le cheminement, le doute, l'interrogation. En affirmant leur choix, ils ne voulaient pas penser, mais en finir avec la pensée. Ils ne désiraient qu'une chose : se délivrer du questionnement. Un souffle de mort figeait leur esprit."

- Épilogue :

"Si on me demande : "Dieu existe-t-il ?", je réponds : "je ne sais pas" car, philosophiquement, je demeure agnostique, unique parti tenable avec la seule raison. [...] La croyance se distingue radicalement de la science. Je ne les confondrai pas. Ce que je sais n'est pas ce que je crois. Et ce que je crois ne deviendra jamais ce que je sais. [...] L'intégrisme commence chez celui qui clame : "Je sais !" [...], intégrisme religieux ou intégrisme athée, prenant le chemin funeste du fanatisme et de ses horizons de mort. Les certitudes ne créent que des cadavres. [...] Alors qu'il n'y a que des agnostiques croyants, des agnostiques athées, des agnostiques indifférents, des millions d'individus s'entêtent à mêler foi et raison, à refuser la complexité de l'esprit, à en simplifier les registres pour transformer en vérité universelle des sentiments très personnels. Nous devons reconnaître et cultiver notre ignorance. L'humanisme pacifique coûte ce prix-là. [...] Ce ne sera qu'au nom de l'ignorance partagée que nous tolérerons les croyances qui nous séparent."

Extraits de La nuit de feu, d'Eric-Emmanuel Schmitt

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 17 Avril 2016

"Tout se joue dans les premiers jours, la première fois qu'on entre, qu'on passe le seuil de la bibliothèque. Tout commence là. Le début de la civilisation. La naissance. La scène primitive. Avant ce jour, pour le dire franchement, tout lecteur n'est qu'un puceau. [...] Ah, bien sûr, [...] si le bibliothécaire vous rentre dedans comme un butor, sans tendresse et sans attentions, c'est fini. Plus jamais. C'est le divorce prononcé d'avec la culture. L'abstinence à vie. [...] Il y a de nombreuses manières d'humilier le lecteur vierge, de le violenter, le terroriser. [...] La première, c'est la classification décimale de Dewey. Une invention perverse, une machination."

***
"En vérité, la bibliothèque est le lieu de la plus grande solidarité. L'humanité, l'humanité déprimante, l'humanité souffrante, la plus belle, en somme, celle des pécheurs, des chômeurs et des réfugiés climatiques, elle est là, autour de moi. [... ] Pour me faire bien comprendre, je vais vous dire qui typiquement n'entre jamais ici : l'homme blanc riche, entre trente-cinq et cinquante ans. Pourquoi ? Parce qu'à cet âge il fait partie des barbares dominants. Monsieur ne fréquente pas les infrastructures publiques. Jamais vous ne verrez monsieur dans un bus. Monsieur ne partage rien avec les autres, monsieur possède. Cela fait longtemps que la madame de monsieur ne demande plus d’œufs à la voisine d'en face, elle a eu pour la fête des Mères un mixeur trois vitesses, et quand monsieur veut lire, monsieur achète ses livres. Mais, lire, c'est déjà un acte de faiblesse. Monsieur a du pouvoir d'achat. Une maison. Deux voitures. Monsieur n'a pas de temps. [...] Mais la vie n'est pas un programme de machine à laver. Attendez qu'il lui arrive un cancer sur le coin de la tête, un chômage, un adultère ou un contrôle fiscal. Ou les quatre à la fois. Là, tout penaud, vous le verrez arriver, la queue entre les jambes. [...] Sa femme le quittera, il deviendra maniaque ou dépressif, bouliste, piéton même. Il sera parmi nous. Mais il aura fallu que la vie lui donne toutes ces claques sur la tête pour qu'enfin il comprenne que la bibliothèque devant laquelle il passait auparavant avec indifférence, ce ne sont pas des livres morts, non, c'est le cœur même de la Grande Consolation."

Extraits de La cote 400, de Sophie Divry

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 16 Février 2016

« L'avortement est la responsabilité de la femme. Elle peut décider si elle est psychologiquement et physiologiquement capable de donner naissance et d'assurer le développement de l'enfant. […] La décision est sienne, le fardeau émotionnel à supporter et à gérer est également le sien, […] heureusement, avec le soutien de son partenaire responsable.

Tant que l'enfant à naître est physiquement connecté à sa mère, tous deux forment une seule et même personne. L'enfant n'est pas un individu s'il ne peut pas vivre sans être rattaché à sa mère. La femme, en tant que maîtresse de son propre corps, a tous les droits pour juger et décider du bien-être et du futur de son corps, de son esprit et de son âme.

Lorsque la société anthropocentrique proclame que la loi de l’État prévaut sur la liberté de la femme à décider de son propre destin et du chemin de sa propre destination, une telle législation équivaut à une intrusion de la puissance brutale de l’État sans visage.

En rendant illégal l'avortement prénatal, l’État donne naissance à la pratique de l'avortement postnatal. Ainsi, un enfant emprunte le chemin de la vie avec des cicatrices émotionnelles dues à l'absence d'amour et d'attention et à la maltraitance.

L’Église catholique condamne à la fois le contrôle des naissances et l'avortement car sa force institutionnelle réside dans le nombre de fidèles et non dans le développement individuel. »

***

« A moins que l'espèce humaine ne fasse le choix de diminuer sa population délibérément et humainement, nous devons anticiper cette intervention par les lois de l'écologie et les conséquences que cela implique. Notre comportement déviant sera corrigé par la nature lorsque notre population excédera la capacité d'accueil de la Terre. Cela sa produira au cours du siècle prochain. […] Une fois que notre population aura dépassé la capacité d'accueil, elle s'effondrera en raison de facteurs naturels tels que la famine, la maladie, la pénurie d'eau, le manque d'abris, la pollution et les conflits. »

***

« Comme dans tout vaisseau spatial, la Terre transporte un équipage et des passagers. Nous, humains, ne sommes que d'humbles passagers. […] Nous détruisons l'équipage qui assure le fonctionnement du système. […] Pourtant, notre existence dépend d'eux. Les bactéries, les algues, le plancton, les arbres, les plantes en fleurs, les vers, les abeilles, les fourmis […] Ils sont les êtres irremplaçables qui entretiennent le système de maintien de la vie. […] En réalité, ils valent bien plus que nous. Les vers valent bien plus que les êtres humains. […] Pourquoi cela ? Parce que nous avons besoin d'eux pour survivre mais qu'eux n'ont pas besoin de nous. Les mammifères et les humains en particulier ne participent que très peu à la maintenance du vaisseau Terre. D'une manière générale, les humains sont uniquement des mauvaises herbes douées de conscience. Nous avons beau […] nous prendre pour la huitième merveille du monde, la vérité n'en est pas moins que nous existons uniquement grâce à la présence de milliards de créatures de millions d'espèces différentes. Sans elles, il n'y aurait pas d'art, de musique, de poésie, de science, de civilisation.

[…] Ne soyez pas fier au point d'oublier l'art de l'araignée, la sagesse de la baleine, la force de la fourmi. »

Citations de Earthforce, de Paul Watson

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 3 Janvier 2016

"Le club de sport [...] occupait un immeuble du centre-ville. [...] Frisette vernie aux murs, moquette en nylon vert, plafond laqué en bleu, plantes en plastique brillant, tout était censé évoquer la nature. Les garçons et les filles du personnel avaient ces têtes tragiques que l'on voit placardées en taille géante sur les panneaux publicitaires des grandes villes : visages sains, souriants, bronzés, bien dégagés, qui vantent une idée angoissante du bonheur où le corps est tout, et la vieillesse un cauchemar.

[...] Les lieux avaient déteint sur leurs occupants : les femmes, ou du moins ce qui en avait le nom, sèches, osseuses, sans poitrine ni fesses, avec un teint brun sombre de vieux marin sans doute chèrement acquis dans les cabines de bronzage, portaient à même le corps, qui n'était plus désirable à force d'être sportif, des combinaisons fluorescentes qu'on aurait plutôt vues en panneaux signalant la présence d'un chantier ou bien un accident. Quant aux hommes, toute leur virilité semblait s'être curieusement réfugiée dans une paire de seins hypertrophiées, quoiqu'ils eussent l'air de s'en justifier en laissant pendre sans soutien dans leur short ou leur pantalon ce qui assurait de leur appartenance au sexe fort ; pour le reste, ils semblaient gonflés par je ne sais quoi, l'entraînement, la stupidité ou la prétention, et les attaches de leurs membres grossis restaient les seuls lieux de leur corps où, malheureusement, rien n'avait pu enfler comme un soufflé. Tout cela respirait la vulgarité heureuse de l'imbécile qui pense avoir raison."

Extrait de La secte des Egoïstes, d'Eric-Emmanuel Schmitt

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 3 Janvier 2016

"Mon amour, j'ai marché trente ans sous le ciel [...] j'ai été, entre tous, ripailleur et gueulard, aussi stupide et futile que les moineaux et les paons ; j'ai essuyé ma bouche au revers de mes manches, entré au foyer avec la boue de mes pieds et roté plus d'une fois dans les rires et le vin. Mais j'ai tenu chaque heure la tête droite dans l'orage parce que je t'ai aimée et que tu m'as aimé en retour, et que cet amour n'a eu ni soie ni poèmes mais des regards dans lesquels se sont noyées nos misères. L'amour ne sauve pas, il élève et grandit, porte en nous ce qui éclaire et le sculpte en bois de forêt. Il se niche au creux des jours de rien, des tâches ingrates, des heures inutiles, ne glisse pas sur les radeaux d'or et les fleuves étincelants, ne chante ni ne brille et ne proclame jamais rien. Mais le soir, une fois la salle balayée, les braises couvertes et les enfants endormis - le soir entre les draps dans les regards lents sans bouger ni parler - le soir, enfin, dans les lassitudes de nos vies de peu et les trivialités de nos existences de rien, nous devenons chacun le puits où l'autre se puise et nous nous aimons l'un l'autre et apprenons à nous aimer nous-mêmes."

Extrait de La vie des elfes, de Muriel Barbery

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 11 Décembre 2015

"Tout ce que tu désires et convoites se dessèche dans ta main."

Citation d'Ainsi rêvent les femmes, de Kathrine Kressmann Taylor

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0

Publié le 14 Août 2015

« Art abstrait : vue de l'esprit élitiste qui se réfugie, devant les réalités sociales hideuses auxquelles elle est incapable de faire face, dans les nuages élevés de la beauté, et s'enivre des notions crépusculaires et vagues du "beau", du "noble", du "fraternel", simplement parce que l'attitude purement poétique est la seule que l'histoire lui permette d'adopter. »

(Par Waïtari, dans Les racines du ciel)

En image : Composition d'Auguste Herbin (1939) au Museu Berardo de Lisboa

Citation sur l'art abstrait de Romain Gary

Voir les commentaires

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

Repost 0