Publié le 22 Juillet 2015

"Depuis le premier soir et le premier matin, depuis la Genèse et le début des livres, le masculin couche avec l'Histoire. Mais il est d'autres récits. Des récits souterrains transmis dans le secret des femmes, des contes enfouis dans l'oreille des filles, sucés avec le lait, des paroles bues aux lèvres des mères. Rien n'est plus fascinant que cette magie apprise avec le sang, apprise avec les règles.

[...]

Ce qui n'a jamais été écrit est féminin."

Extrait de Le cœur cousu, de Carole Martinez

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Rédigé par Perrine

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Publié le 16 Juillet 2015

« Les groupes fusionnels sont comme les atomes qui, jadis, chez les épicuriens, tombaient parallèlement sans jamais pouvoir se rencontrer. Il a fallu qu'un atome dévie de sa trajectoire – le clinanem – pour qu'il en rencontre un autre et qu'ainsi, grâce à leurs crochets, les atomes puissent faire exister "du monde", faire exister "le monde". Charge donc à l'éducateur de faire exister des groupes humains qui permettent que se crée du collectif : que chacun et chacune ne recherche pas systématiquement ce en quoi il se superpose à l'autre, mais ce en quoi il diffère de lui, l'enrichit et ainsi introduit de la distance. Distance de l'autre à moi qui est aussi distance de moi à moi. Parce que l'autre m'interroge et me permet, dans la confrontation avec lui, d'évoluer, de "différer" avec moi-même. »

« On accède ainsi à une forme de relation avec les autres qui tolère le désaccord, la non-ressemblance, la non-fusion, la non-identification dans le même leader. C'est le chemin pour accéder au "collectif", qui n'est ni le « communautaire », ni, a fortiori, le communautarisme. Il faut accepter de s'impliquer dans une aventure forcément plus risquée que celle du groupe fusionnel, puisque l'identité des membres n'est pas formatée à l'avance et contrôlée en permanence. Le rôle de l'éducateur est donc, ici, de permettre à des personnes de se coltiner ensemble une tâche commune, en dépit de leurs différences. Plus encore : en raison de leurs différences. »

Extraits de Pédagogie : le devoir de résister, de Philippe Meirieu

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Publié le 16 Juillet 2015

« J'ai tout le temps l'estomac au bord des lèvres. Ça doit être pour faire de la place à l'utérus. Alors je me bourre de Primperan. C'est interdit d'en prendre trop. Mais c'est quoi, trop ? Je déteste avoir envie de fromage le matin et vomir le fromage, est-ce qu'il y a quelqu'un au monde qui s'inquiète que je vomisse trop de fromage le matin ? Et cette sensiblerie nouvelle. Et les larmes qui jaillissent toutes seules, pour n'importe quoi, n'importe quand : au Monoprix ils n'ont plus de raviolis, ce numéro sonne occupé, mon imprimante m'a lâchée, et avoir des boutons comme aujourd'hui, et ne plus pouvoir fermer mon jean, en cinq mois j'ai même pas pris deux kilos mais je me sens énorme, gonflée, cellulitique, dégueulasse, j'ai horreur de ce bide qui dépasse de mon T-shirt, de ce corps qui se déforme, j'ai mal au dos, aux jambes, aux hanches, c'est le bébé qui pousse, qui ruse avec les organes pour se faire sa petite place, et les organes qui déplacent les humeurs, et les idées noires qui remontent, c'est un carnage ce bébé qui joue des coudes, qui se nourrit de moi, de ce que je mange, de ce à quoi je pense, qui absorbe tout, qui me pompe mon énergie, tout est si fatigant tout à coup, ce corps qu'il faut traîner dans les escaliers, ce souffle court, ces taches marron sur le front et les pommettes, et mes cheveux gras, je ne veux plus me regarder dans la glace, je ne veux plus que Pablo me regarde, c'est comme une chrysalide à l'envers, un papillon qui redeviendrait chenille, la maternité comme un épanouissement ? Elles sont folles, le contraire, je redeviens l'ado vilaine et mal dans sa peau qui se bourrait de chocolat et avait peur de la lumière crue du soleil. »

Extrait de Mauvaise fille, de Justine Lévy

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