Publié le 18 Septembre 2014

Genre : Roman

Date de parution : 2014

Quatrième de couverture :

Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes.

Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame... Plein de poésie et de vie, ce court récit, d'une fulgurante simplicité, est aussi un grand roman sur la fidélité. Être loyal à ses amis, se battre pour ceux qu'on aime, est une qualité que nous partageons avec les bêtes. Le propre de l'être humain n'est-il pas d'aller au-delà et de pouvoir aussi reconnaître le frère en celui qui vous combat ?

Mon avis :

Le collier rouge est une intrigue admirablement construite par Jean-Christophe Rufin, à partir d'un fragment d'histoire vraie. L'histoire se déroule en 1919, juste après la Grande Guerre. Un paysan naïf et ignorant a été envoyé au front. Là-bas, plongé dans la réalité de la guerre, sa cruauté et son absurdité, débutent les questionnements de cet homme sur la politique et les motivations du gouvernement pour la guerre... Lors d'une période de permission, il découvre et décide d'emprunter des ouvrages de Rousseau, Victor Hugo, Karl Marx, Proudhon ou encore Kropotkine...

C'est donc l'histoire de l'évolution idéologique d'un homme, bouleversé par la guerre, dont le comportement mystérieux va s'éclaircir au fil de l'enquête menée par un aristocrate, prêt à le sauver bien qu'il ne partage pas ses idées.

Rétrospectivement, le lecteur va découvrir comment et pourquoi ce "héros de la Guerre" est devenu un fervent pacifiste, allant jusqu'à commettre et revendiquer un acte condamnable au prix de sa liberté.

C'est une histoire édifiante dans laquelle les thèmes de l'humanité, l'orgueil et la fidélité sont savamment abordés.

En voici un extrait qui m'a particulièrement plu :

"C'était lui, le héros. C'est ça que j'ai pensé, voyez-vous. Pas seulement parce qu'il m'avait suivi au front et qu'il avait été blessé. Non, c'était plus profond, plus radical. Il avait toutes les qualités qu'on attendait d'un soldat. Il était loyal jusqu'à la mort, courageux, sans pitié envers les ennemis. Pour lui, le monde était fait de bons et de méchants. Il y avait un mot pour dire ça : il n'avait aucune humanité. Bien sûr, c'était un chien... Mais nous qui n'étions pas des chiens, on nous demandait la même chose. Les distinctions, médailles, citations, avancements, tout cela était fait pour récompenser des actes de bêtes."

Le collier rouge, de Jean-Christophe Rufin

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Rédigé par Perrine

Publié dans #Romans

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Publié le 18 Septembre 2014

Genre : Théâtre

Date de parution : 1934

Quatrième de couverture :

Obéissant à l'oracle, Œdipe résout l'énigme du Sphinx, tue son père et épouse sa mère. La peste s'abat sur Thèbes qui a couronné un inceste et un parricide. Quand un berger dévoile la vérité, la machine infernale des dieux explose. Œdipe se crève les yeux et sa mère se pend. S'inspirant du théâtre de Sophocle, Cocteau redonne vie aux grandes figures grecques : Œdipe, Jocaste, Antigone et Créon. Il philosophe en virtuose. Non, l'homme n'est pas libre. Il naît aveugle et les dieux règlent sa destinée. Même le héros, celui qui sort du rang, doit se soumettre. Ce grand texte dit tout sur l'homme avec infiniment d'humour et de poésie.

Mon avis :

Cette pièce est une réécriture d'Œdipe roi de Sophocle par Jean Cocteau.

Je cite, en guise d'explication du titre de l'ouvrage, un extrait de la didascalie figurant au début de l'acte I : « Regarde, spectateur, remontée à bloc, de telle sorte que le ressort se déroule avec lenteur tout le long d'une vie humaine, une des plus parfaites machines construites par les dieux infernaux pour l'anéantissement mathématique d'un mortel. »

Cette pièce tragique, telle qu'elle est clairement définie ci-dessus en préambule, comporte néanmoins des éléments comiques, voire burlesques - comme l'apparition du fantôme de Laïus ou les réactions des soldats devant la reine -, qui la rendent distrayante. Cette pièce facile d'accès permet au lecteur de revisiter ses classiques avec humour, en toute simplicité !

La Machine infernale, de Jean Cocteau

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Rédigé par Perrine

Publié dans #Théâtre

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Publié le 16 Septembre 2014

"Vois comme l'aurore est rouge, interminablement. Là d'où tu interroges le monde, les cieux sont de latérite. Les nuages se sont embrasés. Les étoiles sont des caillots rutilants d'écarlate. La pluie est de rouille. La terre est hémophile. Le ciel, ensanglanté."

***

"Sankofa est le nom d'un oiseau mythique. Il vole vers l'avant, le regard tourné en arrière, un œuf coincé dans son bec. L'œuf symbolise la postérité. Le fait que l'oiseau avance en regardant derrière lui signifie que les ressorts de l'avenir sont dans le passé. Il ne s'agit pas de séjourner dans l'ancien temps, mais d'en retirer des enseignements."

Extraits de « Sankofa cry » - Les aubes écarlates, de Léonora Miano

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Rédigé par Perrine

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