Publié le 25 Avril 2016

En 2001, Eric-Emmanuel Schmitt reçoit le grand prix du théâtre de l'Académie française pour l'ensemble de son œuvre.

J'apprécie beaucoup l'appropriation de personnages historiques ou littéraires dans un contexte moderne, en lesquels le lecteur peut se reconnaître, et dont les expériences et les réflexions sont souvent retentissantes et édifiantes.

Je cite le commentaire de David Bradby à son propos, très évocateur pour moi :

"On doit beaucoup à Schmitt : il a réussi à faire revivre une forme de théâtre que beaucoup pensaient mort et enterré, la pièce intellectuelle brillante. C'est un genre qui n'a jamais connu d'éclipse dans le théâtre anglais [...], mais en France ce genre avait disparu entre Sartre et Schmitt. Toutes ses pièces racontent une histoire intrigante, où évoluent des personnages avec lesquels le public peut s'identifier. Ces personnages sont parfois tirés de l'histoire ou de la littérature, mais ils émergent toujours dans une lumière neuve et surprenante. Chaque fois, Schmitt réussit à créer des situations qui provoquent la réflexion dans le monde d'aujourd'hui."

Voici mon top 15 de ses pièces de théâtre :

1- Un homme trop facile (2013)

2- Frédérick ou le boulevard du crime (1998)

3- Variations énigmatiques (1996)

4- La tectonique des sentiments (2008)

5- Petits crimes conjugaux (2003)

6- Golden Joe (1995)

7- Hôtel des deux mondes (1999)

8- Le Visiteur (1993)

9- The Guitrys (2013)

10- Mes évangiles (2004)

11- Le Libertin (1997)

12- La Nuit de Valognes (1991)

13- L’École du diable (1996)

14- La trahison d'Einstein (2014)

15- Le Bâillon (1999)

Mon top 15 des pièces de théâtre d'Eric-Emmanuel Schmitt

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Rédigé par Perrine

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Publié le 22 Avril 2016

Selon moi, les romans de Philippe Besson réunissent tous les critères suivants : bien écrits, ils sont captivants et profondément émouvants.

Voici mon top 15 :

1- La trahison de Thomas Spencer (2009)

2- L'enfant d'octobre (2006)

3- En l'absence des hommes (2001)

4- Un instant d'abandon (2005)

5- Une bonne raison de se tuer (2012)

6- Retour parmi les hommes (2011)

7- Les jours fragiles (2004)

8- La maison atlantique (2014)

9- Vivre vite (2015)

10- De là, on voit la mer (2013)

11- Se résoudre aux adieux (2007)

12- L'arrière-saison (2002)

13- Son frère (2001)

14- Un homme accidentel (2008)

15- Un garçon d'Italie (2003)

Mon top 15 des romans de Philippe Besson

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Rédigé par Perrine

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Publié le 17 Avril 2016

Genre : Roman

Date de parution : 2014

Quatrième de couverture :

Jenna et Joanna, deux écrivaines à succès, mènent une vie tranquille entre leurs familles et les plateaux de télévision. Dans le monde simplifié qui est le leur, les livres sont devenus de banals objets, dont la valeur et l'intérêt s'arrêtent à la couverture. Présentateur, acheteur ou écrivain, plus personne ne songe à les ouvrir. Le geste est tombé dans l'oubli. Mais cette simplification va plus loin et s'étend à tous les domaines de la vie. La musique est un objet. Les enfants peuvent être des autocollants. Les amis ne sont plus qu'un mot. Il n'y a plus de for intérieur.

Satire du monde du livre ou fable hyperréaliste, ce roman est avant tout une réflexion sur les façons que nous avons de vivre aujourd'hui. Dans cet univers confiné aux accents futuristes on progresse entre inquiétude et rire, pour s’apercevoir enfin que c’est de notre quotidien qu’il s’agit.

Roman à l'implacable logique, L'infini livre est porté par une profonde ironie.

Mon avis :

Noëlle Revaz nous plonge dans un univers effrayant, mais pas si éloigné de la réalité, où le livre perd sa fonction pour ne devenir plus qu'un faire-valoir : plus personne ne l'ouvre, seules comptent sa couverture et la publicité de son auteur. Les écrivains n'en sont d'ailleurs plus réellement puisque leurs livres sont composés grâce à des algorithmes dans les maisons d'éditions. Il en est de même pour la musique, fabriquée à partir de matrices, les amis et même les enfants, que de simples stickers collés aux vitres peuvent remplacer, l'essentiel étant de donner illusion. Tout n'est plus qu'apparence, on ne creuse plus au fond des choses qui sont vidées de toute substance.

Dans ce roman très particulier, Noëlle Revaz se joue du culte de l'image qui est en vogue dans notre société, et dénonce les abus de ce mode de pensée superficiel où l'habit fait le moine. C'est un roman intéressant, mais assez dérangeant, qui remet en question l'évolution de notre société et ne laisse pas indifférent. Il a reçu le Prix Suisse de littérature 2015.

L'infini livre, de Noëlle Revaz

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Rédigé par Perrine

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Publié le 17 Avril 2016

Genre : Témoignage

Date de parution : 2002

Quatrième de couverture :

Si les mots peuvent blesser, le silence peut tuer. Ce récit bouleversant raconte le lent meurtre psychique qui a détruit, petit à petit, une famille « ordinaire ».
Confrontée, après des années d'ignorance, à l'autisme de son fils, Renée cherche à connaître les causes de cette maladie où l'enfant refuse le monde. Cette pénible quête va la ramener à sa propre enfance, austère, entre une mère soumise et un père tyrannique. Au fur et à mesure que son mari et elle découvrent la réalité du mal, le passé se réveille et lève un voile sur une vérité insoutenable.
À travers cette poignante confession sur l'enfermement et la solitude, récit de vies brisées, Renée Guillaume aborde cet autisme-là non comme une fatalité mais comme un mal que l'on peut soigner, à la seule condition d'en retracer les origines profondes.

Mon avis :

Ce livre, à caractère biographique et documentaire, m'a particulièrement marquée. Je suis amenée, par mon métier d'orthophoniste, à travailler auprès d'enfants autistes et c'est pour cette raison que j'ai eu envie de le lire. C'est un témoignage bouleversant et très prenant. Je n'ai cessé de me demander, au fil de la lecture, si cette histoire pouvait être vraie, tant elle est éprouvante. On entre littéralement dans l'intimité d'une famille, en apparence comme les autres, mais dont l'enfant est autiste. On découvrira au fil de l'histoire les secrets de famille qui pèsent sur les générations antérieures, et l'environnement délétère dans lequel a grandi cet enfant.

Le livre est très axé sur la psychanalyse et le rôle de l'environnement dans l'apparition de la maladie, ce qui aurait pu me rebuter, mais cette approche, inhabituelle pour moi, a justement été intéressante et éclairante pour ce cas particulier.

Un silence assourdissant, de Renée Guillaume

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Rédigé par Perrine

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Publié le 17 Avril 2016

"Tout se joue dans les premiers jours, la première fois qu'on entre, qu'on passe le seuil de la bibliothèque. Tout commence là. Le début de la civilisation. La naissance. La scène primitive. Avant ce jour, pour le dire franchement, tout lecteur n'est qu'un puceau. [...] Ah, bien sûr, [...] si le bibliothécaire vous rentre dedans comme un butor, sans tendresse et sans attentions, c'est fini. Plus jamais. C'est le divorce prononcé d'avec la culture. L'abstinence à vie. [...] Il y a de nombreuses manières d'humilier le lecteur vierge, de le violenter, le terroriser. [...] La première, c'est la classification décimale de Dewey. Une invention perverse, une machination."

***
"En vérité, la bibliothèque est le lieu de la plus grande solidarité. L'humanité, l'humanité déprimante, l'humanité souffrante, la plus belle, en somme, celle des pécheurs, des chômeurs et des réfugiés climatiques, elle est là, autour de moi. [... ] Pour me faire bien comprendre, je vais vous dire qui typiquement n'entre jamais ici : l'homme blanc riche, entre trente-cinq et cinquante ans. Pourquoi ? Parce qu'à cet âge il fait partie des barbares dominants. Monsieur ne fréquente pas les infrastructures publiques. Jamais vous ne verrez monsieur dans un bus. Monsieur ne partage rien avec les autres, monsieur possède. Cela fait longtemps que la madame de monsieur ne demande plus d’œufs à la voisine d'en face, elle a eu pour la fête des Mères un mixeur trois vitesses, et quand monsieur veut lire, monsieur achète ses livres. Mais, lire, c'est déjà un acte de faiblesse. Monsieur a du pouvoir d'achat. Une maison. Deux voitures. Monsieur n'a pas de temps. [...] Mais la vie n'est pas un programme de machine à laver. Attendez qu'il lui arrive un cancer sur le coin de la tête, un chômage, un adultère ou un contrôle fiscal. Ou les quatre à la fois. Là, tout penaud, vous le verrez arriver, la queue entre les jambes. [...] Sa femme le quittera, il deviendra maniaque ou dépressif, bouliste, piéton même. Il sera parmi nous. Mais il aura fallu que la vie lui donne toutes ces claques sur la tête pour qu'enfin il comprenne que la bibliothèque devant laquelle il passait auparavant avec indifférence, ce ne sont pas des livres morts, non, c'est le cœur même de la Grande Consolation."

Extraits de La cote 400, de Sophie Divry

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Rédigé par Perrine

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