Publié le 18 Avril 2017

Genre : Roman

Date de parution : 2013

Quatrième de couverture :

Peut-on trouver une épouse sur mesure ? Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son "Projet Épouse", il met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d’éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences. Et celles-ci sont nombreuses, car pour Don, la femme idéale NE DOIT PAS : 1. Fumer et boire. 2. Être végétarienne et aimer la glace à l’abricot. 3. Se lever après 6 heures. Mais elle DOIT : 1. Faire du sport. 2. Être ponctuelle. 3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.

S’il y a bien une personne qui ne remplit aucun des critères établis, c’est Rosie Jarman, étudiante le jour et barmaid la nuit, dont la vie aussi désordonnée que celle de Don est méthodiquement organisée...

Comme ses personnages, Graeme Simsion vit à Melbourne. Il est l’auteur de nouvelles, de pièces de théâtre, de scénarios et de deux ouvrages non romanesques. Le Théorème du homard, son premier roman, a obtenu en 2012 le Victorian Premier’s Literary Award, un prix décerné chaque année à un manuscrit inédit.

Mon avis :

Je suis en ce moment intéressée par le syndrome d'Asperger, à titre personnel et professionnel. Ce sont des recherches de romans à ce sujet qui m'ont orientée vers cette fiction.

Donald Tillman est un sacré personnage : un professeur de génétique surdoué, mais totalement inapte aux relations sociales, vraiment extra et unique en son genre... Il a un petit côté Sheldon Cooper dans la série The Big Bang Theory. Il mène une vie trop bien rangée, ses journées sont savamment préméditées et réglées comme du papier à musique, à l'instar de son Système de Repas Normalisé... Quand Don réalise qu'à son âge, il serait "raisonnable" de trouver une épouse, il concocte un questionnaire complètement loufoque lui permettant de sélectionner sur mesure la femme la plus théoriquement compatible... Heureusement, l'amour n'est pas une science exacte !

J'ai passé un très bon moment... Humour garanti !

N.B. : Dans un genre à peu près similaire, je recommande Le Théorème des Katherine, de John Green : l'histoire d'un jeune surdoué qui cherche un théorème mathématique pour modéliser les relations amoureuses.

Le Théorème du homard, de Graeme Simsion

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Rédigé par Perrine

Publié dans #Humour

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Publié le 4 Avril 2017

Genre : Essai

Date de parution : 2016

Quatrième de couverture :

« L'antispécisme milite pour l'intégration de tous les êtres vivants sensibles dans une même famille de considération morale. Vu sous un autre angle, cela signifie que l'antispécisme revendique l'appartenance de l'espèce humaine à une communauté beaucoup plus large qu'elle-même, celle des animaux. Il s'agit de notre communauté initiale, dont nous
ne sommes jamais sortis, malgré nos tentatives désespérées pour le faire croire et l'obstination à renier nos origines. Nous ne sommes que les jeunes visiteurs d'un zoo égaré au milieu de nulle part. »

Antispéciste explore la génétique, la cosmologie, l'éthologie, le droit et la philosophie pour expliquer pourquoi nous sommes tenus aujourd'hui d'accorder certains droits fondamentaux aux animaux non humains sensibles. Mais cette extension de notre sphère de considération morale s'inscrit dans une réflexion beaucoup plus large. En invitant à repenser le vivant et la place de l'homme dans l'univers, Antispéciste décrypte les raisons de l'échec de l'écologie politique traditionnelle et propose un nouveau projet nommé l'écologie essentielle, qui doit aboutir à une réforme constitutionnelle pour prendre en compte la valeur intrinsèque de tous les êtres vivants.

Antispéciste pose également des questions inédites : qui sont les animalosceptiques ? Pourquoi l'antispécisme est-il un combat social ? Pourquoi Superman est-il un superhéros antispéciste ? Pourquoi le vrai but de l écologie est-il en réalité de faire sortir l'homme de la nature ? Qu'est-ce que la réduction de l'empreinte négative ? Pourquoi les éleveurs ont-ils intérêt à rejoindre les antispécistes ?

Antispéciste est un appel au soulèvement des consciences. Un appel à la révolte individuelle. Un appel à un nouvel humanisme.

Aymeric Caron est journaliste et écrivain. Il est l'auteur d Envoyé Spécial (2003), No Steak (2013) et Incorrect (2014). Il invite à une nouvelle réflexion sur la nature et les droits des animaux.

Mon avis :

Tout d'abord je tiens à préciser que cette lecture fait partie de celles qui dérangent, en remettant en cause notre modèle actuel de société. Conservateurs, si vous lisez ce blog...

D'ailleurs je ne pense pas qu'une personne non sensibilisée au préalable sur le sujet puisse changer de but en blanc ses opinions et son mode de consommation après la lecture de ce livre. Le croire serait aussi utopique que dangereux, car chacun doit pouvoir prendre le temps de se forger son opinion, à partir de sources diverses. Cela dit, ce livre constitue une bonne ouverture sur le sujet car il l'aborde dans sa globalité et est suffisamment documenté pour engager le lecteur dans des réflexions pertinentes et en toute connaissance de cause. L'auteur, journaliste engagé, anticipe et analyse méticuleusement tous les arguments potentiels de ses détracteurs afin d'y confronter les siens.

Je connaissais déjà un peu l'antispécisme, en particulier par le biais de la revue Cahiers antispécistes et de l'association L214, et j'avais d'ailleurs déjà publié sur ce blog des extraits d'Earthforce de Paul Watson (un livre qui m'a marquée et converge vers ces idées, quoique peut-être un peu plus virulent car il s'adresse déjà à un public de militants convaincus). Je suggère également la lecture du Parfum d'Adam de Jean-Christophe Rufin, qui pose justement les limites et les dangers de tout aveuglement pour une thèse, quelle qu'elle soit. Voici les liens vers les articles respectifs :

- http://grainedelivre.over-blog.com/2016/02/citations-de-earthforce-de-paul-watson.html

- http://grainedelivre.over-blog.com/2017/01/le-parfum-d-adam-de-jean-christophe-rufin.html

Ce que j'ai apprécié dans Antispéciste, c'est qu'Aymeric Caron creuse dans une multitude de directions pour aborder le sujet : philosophie morale, cosmologie, génétique, éthologie, écologie, droit, politique, économie, santé publique. Pour autant, et c'est ça qui fait la richesse du débat, je ne suis pas d'accord avec tout ce qu'il avance, notamment au sujet de sa critique de l'écologie politique.

L'idée, c'est qu'il faut tenir compte des avancées scientifiques relativement récentes qui prouvent de plus en plus l'intelligence des animaux : les mammifères (rats, porcs, dauphins), les oiseaux (corbeaux, perroquets, poules) mais aussi les abeilles, les fourmis, les poulpes... Si notre société est depuis longtemps omnivore, on ne peut pas, sous couvert de tradition, voiler la réalité et continuer à traiter des êtres sensibles comme des objets à vendre, exploiter et consommer, en négligeant leurs besoins physiologiques primaires (les conditions d'élevage, si l'on se renseigne un minimum, sont en effet catastrophiques). Les cirques et les zoos sont également concernés. Si, comme l'auteur l'explique, on restait fidèle à nos "traditions", on soutiendrait encore que la Terre est plate et l'esclavage existerait encore...

Et il va d'autant plus falloir changer nos habitudes de consommation que l'élevage intensif (et il l'est forcément compte tenu de l'accroissement de la population humaine mondiale) est une catastrophe environnementale (consommation d'eau, alimentation du bétail, émissions de gaz à effets de serre), économique (les éleveurs vivent actuellement plus de subventions que des revenus tirés de leur activité), sanitaire (antibiorésistance, grippe aviaire) et j'en passe !

Notre société est actuellement spéciste parce qu'elle considère par exemple qu'un chat a le droit d'être choyé dans un foyer tandis qu'un porc ou un canard peuvent vivre dans des conditions abominables, entassés les uns sur les autres et sans voir la lumière du jour, puisqu'ils sont destinés à être consommés... Le spécisme, en traitant différemment les individus en fonction de leur appartenance à telle ou telle espèce, serait donc l'équivalent du racisme. En 1789, dans son Introduction au principe de morale et de législation, Bentham écrivait déjà : "Peut-être le jour viendra où le reste du règne animal retrouvera ces droits qui n'auraient jamais pu lui être enlevés que par la tyrannie. Les Français ont déjà réalisé que la peau foncée n'est pas une raison pour abandonner sans secours un être aux caprices d'un persécuteur. Peut-être finira-t-on un jour par s'apercevoir que le nombre de jambes, la pilosité de la peau ou l'extrémité de l'os du sacrum sont des raisons tout aussi insuffisantes d'abandonner une créature sensible au même sort. Quoi d'autre devrait tracer la ligne de démarcation ?" Pas les capacités intellectuelles ni langagières, d'après lui : "[...] un cheval parvenu à maturité ou un chien est par-delà toute comparaison un animal plus sociable et plus raisonnable qu'un nouveau-né d'un jour, d'une semaine ou même d'un mois. [...] La question n'est pas : peuvent-ils raisonner. Ni : peuvent-ils parler ? Mais bien : Peuvent-ils souffrir ?"

Certains détracteurs de la cause animale évoqueront une hyper-sensiblerie ridicule, et je les entends déjà proposer sarcastiquement de ne plus rien manger (après tout, les pommes elles aussi sont vivantes). Attention justement aux amalgames et interprétations fallacieuses. D'une part, il est prouvé que les animaux et en particulier les mammifères et les oiseaux ont les mêmes substrats neurologiques que nous et qu'ils sont des êtres sensibles : ils ressentent le plaisir, l'attachement, la peine, la peur et la douleur... (ce qui, jusqu'à preuve du contraire, n'est pas encore le cas des pommes de terre !) D'autre part, ce n'est pas parce que l'on est antispéciste que l'on place les autres êtres vivants au-dessus de l'homme et que l'on devient un affreux Alceste. L'antispécisme n'est pas, comme certains aimeraient le faire croire, une vision extrémiste ou totalement déconnectée de la réalité.

Aymeric Caron anticipe d'ailleurs toutes les implications possibles de l'arrêt de l'exploitation animale, et admet par exemple qu'un certain nombre d'espèces domestiquées par l'homme disparaîtraient. Il ne nie aucunement les nouvelles problématiques que cela causerait, et c'est justement ça qui est intéressant.

Je recommande ce livre à toutes les personnes qui s'intéressent de près ou de loin à la cause animale, et se posent des questions sur la façon dont nous traitons aujourd'hui les animaux sensibles dans notre société.

Antispéciste : Réconcilier l'humain, l'animal, la nature, d'Aymeric Caron

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Rédigé par Perrine

Publié dans #Essais

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Publié le 2 Avril 2017

Genre : Essai

Date de parution : 2011

Quatrième de couverture :

Vous trouverez dans ce livre des histoires de criminels invisibles, de canots de sauvetage qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, de machines à donner du plaisir que personne n'a envie d'utiliser, de tramways fous qu'il faut arrêter par n'importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie.
Vous y lirez des récits d'expériences montrant qu'il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d'autres expériences prouvant qu'il faut encore moins de choses pour se comporter quasiment comme un saint : une pièce de monnaie qu'on trouve dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu'on respire en passant.
Vous y serez confrontés à des casse-tête moraux. Est-il cohérent de dire : "Ma vie est digne d'être vécue, mais j'aurais préféré de ne pas naître" ? Est-il acceptable de laisser mourir une personne pour transplanter ses organes sur cinq malades qui en ont un besoin vital ? Vaut-il mieux vivre la vie brève et médiocre d'un poulet d'élevage industriel ou ne pas vivre du tout ?
Cependant, le but de ce livre n'est pas de montrer qu'il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste. Il est de proposer une sorte de boîte à outils intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots ("dignité", "vertu", "devoir", etc.), et les grandes déclarations de principe ("Il ne faut jamais traiter une personne comme un simple moyen", etc.).
C'est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l'éthique librement.

Ruwen Ogien est directeur de recherches au CNRS.

Mon avis :

S'il n'apporte pas de réponses toutes faites - loin s'en faut, et heureusement ! -, ce livre a le mérite de poser les bonnes questions et d'apporter des pistes de réflexions intéressantes selon différents courants de pensée : déontologisme Kantien, conséquentialisme ou éthique des vertus. Il met en confrontation nos diverses intuitions morales face à des expériences de pensée, tente d'apporter leurs justifications mais pose aussi leurs limites et leurs contradictions.

Avortement, procréation médicalement assistée, mères porteuses, clonage, OGM, exploitation  animale, utilitarisme... Il pose des questions complexes et apporte des éclairages théoriques pertinents pour ouvrir des débats riches et passionnants. Je le recommande à toutes les graines de philosophes !

L'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine, et autres questions de philosophie morale expérimentale, de Ruwen Ogien

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Rédigé par Perrine

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Publié le 2 Avril 2017

Voici un magnifique tableau, personnalisé et unique, que j'ai reçu en cadeau !

Birds have wings, Humans have books...

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Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

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