Publié le 27 Avril 2014

"- Vous êtes très forte.

- Puisque je n'ai pas de santé dans mon corps, j'ai tenté d'en avoir ailleurs. [...] Puisque je ne peux pas me promener, une seule fleur m'enivre autant qu'une journée de promenade dans des jardins de roses. Un rayon de soleil qui glisse entre les fentes du store me donne un vrai bain de plage, je le laisse descendre sur moi, chauffer mon cou, s'égarer sur mon épaule, sur ma poitrine, où il me rend plus lourde l'étoffe du corsage [...]. Le bruit de la pluie et des orages sur le toit m'a fait parcourir toutes les mers du globe, découvrir la tempête, le bateau frappé par les flots, la récompense d'une côte gris ardoise au matin lorsque tout s'est apaisé. Je peux m'occuper des heures avec un bout de laine, je ne connais que certains chatons pour en profiter autant que moi. [...] En fait, le bonheur est au creux de la main. Il suffit de rester immobile, de devenir amnésique, oublier tout de la veille et du lendemain.

Si l'on arrive à se faire minuscule en se calant bien dans le présent d'une chaise placée devant la fenêtre, on savoure l'univers entier. Un grand bonheur n'est composé que de toutes petites choses. [...] En ce moment, tu ne peux pas imaginer comme je suis proche de toi, pleine de toi, collée à chaque centimètre de ta peau, accrochée à ton souffle. J'épouse tes muscles, je sens ta force, j'imprime tout de toi.

[...]

- Est-il possible qu'il y ait autant de profondeur dans une seconde ? Que ce soit si épais ?

- Il peut y avoir une éternité dans une seconde."

Citation d'Hôtel des deux mondes, d'Eric-Emmanuel Schmitt

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Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

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Publié le 27 Avril 2014

"Un sentiment, s'il a été longtemps essentiel, dispose, même quand il agonise, d'une force d'inertie assez efficace encore pour entretenir des habitudes qui ne correspondent plus au besoin intérieur."

Note : J'ai aimé et recommande ce roman sur les thèmes de l'amitié, du courage, de l'honneur et de la liberté, dont l'écriture est très belle, et la chute particulièrement saisissante.

Citation d'Une balle perdue, de Joseph Kessel

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Rédigé par Perrine

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Publié le 16 Avril 2014

Genre : Nouvelle

Date de parution : 1905

Quatrième de couverture :

Ce bon vieux livre de médecine ? Le plus sûr moyen d'envoyer des générations entières engraisser l'herbe des cimetières !

Mon avis :

Dans cette nouvelle cocasse qui m’a bien amusée, Mark Twain se moque des pratiques et des idées médicales de l’ancien temps, qui furent pourtant considérées comme paroles d’évangile pendant de nombreux siècles et invétérées jusqu’au XIXème, où chaque idée nouvelle faisait l’objet de critiques virulentes.

Cette lecture très plaisante n’est pas sans rappeler les acerbes moqueries de Molière au sujet des médecins, comme dans Le Médecin malgré lui ou encore un bon nombre de ses comédies.

En voici un extrait pour vous mettre l’eau à la bouche :

« Puis vient un long récit pour prouver qu’une femme moribonde, qui huit semaines durant souffrait d’une fièvre intermittente et qu’on avait saignée à blanc une douzaine de fois sans succès apparent, vit son état s’améliorer et recouvra la santé grâce à l’ingestion forcée d’un paquet de toile d’araignée. Et notre savant de s’extasier sur les mérites de la toile d’araignée ! Il mentionne pourtant en passant qu’on avait cessé la saignée quotidienne ; et dans sa naïveté il n’a pas l’air de se douter que cette sage mesure a peut-être provoqué la guérison. »

Un majestueux fossile littéraire, de Mark Twain

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Rédigé par Perrine

Publié dans #Humour

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Publié le 11 Avril 2014

Genre : Poésie

Date de parution : 1928

Quatrième de couverture :

« Le livre est un retable de l'Andalousie avec des gitans, des chevaux, des archanges, des planètes, avec sa brise juive, avec sa brise romaine, avec des rivières, avec des crimes, avec la note commune du contrebandier et la note céleste des enfants nus de Cordoue qui narguent saint Raphaël. Un livre où est à peine exprimée l'Andalousie que l'on voit et où frémit celle que l'on ne voit pas. » (Frederico Garcia Lorca)

Mon avis :

J'ai été séduite par la beauté de ces poèmes en vers, écrits entre 1921 et 1927 ; le rythme et le thème m'ont immédiatement plongée dans l'univers andalou de l'auteur, dont je ne partage pourtant pas la culture. J'ai particulièrement aimé La Femme infidèle, dont Garcia Lorca dit lui-même, dans une conférence sur son œuvre que je recommande également de lire : « Le "romance" de La Femme infidèle, gracieux de forme et d'imagerie, mais purement anecdotique [...] est populaire au point que c'en est désespérant ; aussi, comme il flatte la sensualité et que je le considère comme le plus primaire et le moins andalou de tous, je ne le lis pas. »

Note : La version que j'ai lue a été traduite et annotée par André Belamich.

Romancero gitan, de Frederico Garcia Lorca

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Rédigé par Perrine

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Publié le 11 Avril 2014

Genre : Nouvelle

Date de parution : 1962

Quatrième de couverture du recueil :

« Il s'accouda à la balustrade et fuma sa première cigarette en regardant les oiseaux tomber sur le sable : il y en avait qui palpitaient encore. Personne n'avait jamais pu lui expliquer pourquoi ils quittaient les îles du large pour venir expirer sur cette plage, à dix kilomètres au nord de Lima. »

« Il n'y a pas eu préméditation de ma part : en écrivant ces récits, je croyais me livrer seulement au plaisir de conter. Ce fut en relisant le recueil que je m'aperçus de son unité d'inspiration : mes démons familiers m'ont une fois de plus empêché de partir en vacances. Mes airs amusés et ironiques ne tromperont personne : le phénomène humain continue à m'effarer et à me faire hésiter entre l'espoir de quelque révolution biologique et de quelque révolution tout court. » (Romain Gary)

Mon avis :

Cette nouvelle est extraite du recueil Les oiseaux vont mourir au Pérou, publié pour la première fois en 1962 sous le titre de Gloire à nos illustres pionniers.

Romain Gary a écrit Le luth en 1961. J'ai été subjuguée par le talent d'ensorceleur dont il fait preuve. A ma première lecture, j'étais plus qu'intriguée par la chute, et les trois dernières pages dont je n'ai pas compris le sens. Ma curiosité étant au plus haut point, je suis allée fouiller pour trouver des explications...

Là, tout s'éclaire, et je n'en reviens pas comme j'ai pu passer à côté ! Par tout un jeu de doubles sens, d'indices et de subtilités, Romain Gary dissimule entre les lignes le véritable sens profond de cette nouvelle. A la relecture, je suis impressionnée par ce coup de maître ! On comprend alors que Romain Gary ait pu écrire des romans sous un pseudonyme sans se faire démasquer...

Je recommande vivement cette nouvelle passionnante, et vous mets au défi d'en comprendre le sens !

Le luth, de Romain Gary

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Rédigé par Perrine

Publié dans #Nouvelles

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Publié le 11 Avril 2014

Genre : Roman épistolaire

Date de parution : 1871

Quatrième de couverture :

« Quel témoignage plus probant de ses dangereux talents pourrait être apporté que cette perversion du jugement de Reginald qui, à son arrivée ici, lui était si décidément hostile ? » (Lettre VIII, Mme Vernon à Lady De Courcy)

Une veuve spirituelle et jolie, mais sans un sou, trouve refuge chez son beau-frère, un riche banquier. Est-elle sans scrupules, prête à tout pour faire un beau mariage, ou juste une coquette qui veut s'amuser ? Le jeune Reginald risque de payer cher la réponse à cette question...

Grande dame du roman anglais, Jane Austen trace le portrait très spirituel d'une aventurière, dans la lignée des personnages d'Orgueil et préjugés et de Raison et sentiments.

Mon avis :

Lady Susan est la première publication posthume de l'auteure.

Dans ce roman riche en intrigues amoureuses, j'ai apprécié une fois de plus l'importance du rôle que Jane Austen accorde aux femmes : manipulatrice de talent, Lady Susan joue en effet de ses caprices et mène les hommes à la baguette...

Le genre épistolaire convient aussi très bien pour mettre en évidence l'omniscience du lecteur en regard de tous les personnages, leurs rapports plus ou moins sincères et la façon dont ils se jugent. Chacun d'eux a un caractère propre qui se prête à une analyse intéressante.

Lady Susan, de Jane Austen

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Rédigé par Perrine

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Publié le 11 Avril 2014

Genre : Roman

Date de parution : 1849

Quatrième de couverture :

"Comme il marchait la tête basse et les yeux fichés en terre, il sentit quelqu'un qui lui tapait l'épaule, et se retournant il vit la petite-fille de la mère Fadet, qu'on appelait dans le pays la petite Fadette, autant pour ce que c'était son nom de famille que pour ce qu'on voulait qu'elle fût un peu sorcière aussi. Vous savez tous que le fadet ou le farfadet, qu'en d'autres endroits on appelle aussi le follet, est un lutin fort gentil, mais un peu malicieux. On appelle aussi fades les fées auxquelles, du côté de chez nous, on ne croit plus guère. Mais que cela voulût dire une petite fée, ou la femelle du lutin, chacun en la voyant s'imaginait voir le follet, tant elle était petite, maigre, ébouriffée et hardie. C'était un enfant très causeur et très moqueur, vif comme un papillon, curieux comme un rouge-gorge et noir comme un grelet."

Mon avis :

Comme dans ses deux autres romans champêtres (La Mare au diable et François le Champi), George Sand aborde les thèmes de l'amour et la jalousie, de l'exclusion et de la lutte contre les apparences.

Ces lectures sont toujours un vrai plaisir pour moi qui me plonge dans cet univers plein de charme, typique de George Sand : j'y retrouve une atmosphère de douceur et de nostalgie, sur l'enfance et la vie adulte, à mi-chemin entre le rêve et la réalité, mêlée de cruauté et de pitié.

La Petite Fadette, de George Sand

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Rédigé par Perrine

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Publié le 11 Avril 2014

Genre : Roman

Date de parution : 2013

Quatrième de couverture :

« À travers l’écriture, je m’approche du moi-même d’il y a cinquante ans, pour un jubilé personnel. L’âge de dix ans ne m’a pas porté à écrire, jusqu’à aujourd‘hui. Il n’a pas la foule intérieure de l’enfance ni la découverte physique du corps adolescent. À dix ans, on est dans une enveloppe contenant toutes les formes futures. On regarde à l’extérieur en adultes présumés, mais à l’étroit dans une taille de souliers plus petite. »

Comme chaque été, l’enfant de la ville qu’était le narrateur descend sur l’île y passer les vacances estivales. Il retrouve cette année le monde des pêcheurs, les plaisirs marins, mais ne peut échapper à la mutation qui a débuté avec son dixième anniversaire. Une fillette fait irruption sur la plage et le pousse à remettre en question son ignorance du verbe aimer que les adultes exagèrent à l’excès selon lui. Mais il découvre aussi la cruauté et la vengeance lorsque trois garçons jaloux le passent à tabac et l’envoient à l’infirmerie le visage en sang. Conscient de ce risque, il avait volontairement offert son jeune corps aux assaillants, un mal nécessaire pour faire exploser le cocon charnel de l’adulte en puissance, et lui permettre de contempler le monde, sans jamais avoir à fermer les yeux.

Erri De Luca nous offre ici un puissant récit d’initiation où les problématiques de la langue, de la justice, de l’engagement se cristallisent à travers sa plume. Arrivé à l’"âge d’archive", il parvient à saisir avec justesse et nuances la mue de l’enfance, et ainsi explorer au plus profond ce passage fondateur de toute une vie.

Mon avis :

Ce roman représente pour moi un très bel hommage à l'enfance, période d'insouciance, de bonheur et d'innocence. Il aborde la fin de cet âge sacré, le passage vers la vie d'adulte qu'est l'adolescence avec son cortège de découvertes : l'amour, les premières blessures - physiques et morales, telles un baptême du feu -, la violence et la cruauté humaines.

J'ai trouvé en ce livre une splendide métaphore, très forte en symboles, sur l'arrachement à l'enfance, la douleur de la perte de ses illusions merveilleuses, la rudesse de l'adolescence contrebalancée par la découverte singulière et magique du premier amour.

Les poissons ne ferment pas les yeux, d'Erri De Luca

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Rédigé par Perrine

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Publié le 11 Avril 2014

Genre : Roman

Date de parution : 1953

Quatrième de couverture :

- Il n'y a pas de vacances à l'amour, dit-il, ça n'existe pas. L'amour, il faut le vivre complètement avec son ennui et tout, il n'y a pas de vacances possibles à ça.

Il parlait sans la regarder, face au fleuve.

- Et c'est ça l'amour. S'y soustraire, on ne peut pas.

Mon avis :

Ce roman de Marguerite Duras aborde le thème des vacances et de la liberté, de l'ennui et du désœuvrement, des questions au sujet du sens de la vie qu'entraîne nécessairement le vide ordinairement comblé par la routine... Projets, désir et idée d'un bouleversement émergeront, pour laisser finalement la place à l'amour et à l'amitié, inconditionnels et intemporels.

A lire... en vacances !

Les petits chevaux de Tarquinia, de Marguerite Duras

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Rédigé par Perrine

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Publié le 11 Avril 2014

Genre : Roman

Date de parution : 1915

Quatrième de couverture :

La Métamorphose révèle une vérité méconnue, les conventions disparaissent, les masques tombent. Le récit qui porte ce titre est un des plus pathétiques et des plus violents que Kafka ait écrits ; les effets en sont soulignés à l’encre rouge, les péripéties ébranlent les nerfs du lecteur. C’est l’histoire, « excessivement répugnante », dit l’auteur, d’un homme qui se réveille changé en cancrelat. Cette transformation est un châtiment imaginaire que Kafka s’inflige. Et son personnage est celui qui ne peut plus aimer, ni être aimé : le conflit qui se déroule dans une famille bourgeoise prend une ampleur mythique. Seuls quelques éléments comiques ou grotesques permettent de libérer de l’oppression du cauchemar.

Mon avis :

Ce récit est pour le moins déroutant : il soulève chez le lecteur tant de questionnements sans réponse... Je me souviens d'avoir été interloquée par La Métamorphose à ma première lecture, aussi bien par la curiosité qu'elle a éveillée en moi que par le réalisme saisissant de l'écriture.

L'analyse de Stanley Corngold, dans The Commentator's Despair, apporte à ce récit plus de cent trente interprétations possibles, essentiellement psychologiques, relationnelles ou socio-économiques... Intrigant ! Et vous, quelle serait la vôtre ?

La Métamorphose, de Franz Kafka

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Rédigé par Perrine

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