Publié le 14 Mars 2015

Genre : Cycle romanesque (pentalogie)

Dates de parution : 1999 - 2000 - 2001 - 2003 - 2004

Quatrièmes de couverture :

La Japonaise Aki Shimazaki a construit avec Le Poids des secrets une œuvre qui explore la psyché nippone contemporaine dans ses tabous et ses mensonges, au cœur desquels ses personnages se débattent pour retrouver liberté et dignité.

Tome 1 : Tsubaki

Dans une lettre laissée à sa fille après sa mort, Yukiko, une survivante de la bombe atomique, évoque les épisodes de son enfance et de son adolescence auprès de ses parents, d'abord à Tokyo puis à Nagasaki. Elle reconstitue le puzzle d'une vie familiale marquée par les mensonges d'un père qui l'ont poussée à commettre un meurtre.
Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n'échappe à son destin.

Tome 2 : Hamaguri

Deux petits enfants de Tokyo, Yukio et Yukiko, scellent un pacte de fidélité en inscrivant leurs noms à l'intérieur d'une palourde, comme un serment d'amour éternel. Devenus adolescents, ils se retrouvent à Nagasaki sans se reconnaître ; les sentiments qui les habitent désormais, qui les troublent profondément, leur seraient-ils interdits ? Aux dernières heures de sa vie, la mère de Yukio cherchera à ouvrir les yeux de son fils en lui remettant ce coquillage sorti du tiroir de l'oubli.

Tome 3 : Tsubame

Lors du tremblement de terre de 1923, qui a dévasté la région du Kanto et entraîné plus de cent quarante mille morts, la Coréenne Yonhi Kim devient, question de survie, la Japonaise Mariko Kanazawa. A la fin de sa vie, alors qu'elle est veuve, mère d'un chimiste et grand-mère de trois petits-enfants, le mystère de sa naissance lui est dévoilé : le prêtre catholique qui l'avait recueillie dans son église lors du tremblement de terre, surnommé monsieur Tsubame, était-il l'instrument du destin qui a permis à cette hirondelle de s'élancer hors du nid ?

Tome 4 : Wasurenagusa

Après un premier mariage raté, Kenji Takahashi découvre qu'il est stérile. Accablé, il quitte la maison familiale. Seule compte encore pour lui sa nurse, Sono. Lorsqu'il fait la connaissance de Mariko, qui vit seule avec son fils Yukio, il en tombe amoureux et l'épouse contre l'avis de ses parents, qui le déshéritent. Quarante-six ans plus tard, retraité et affaibli, il recherche les traces de Sono. Au moment où il retrouve sa tombe, sur laquelle est inscrit le nom de la fleur de myosotis (wasurenagusa), il découvre le secret de ses origines et le malheur qui a frappé ses parents.

Tome 5 : Hotaru

A la saison des lucioles (hotaru), lorsqu'elle rend visite à sa grand-mère Mariko Takahashi, Tsubaki est loin de se douter que celle-ci lui confiera bientôt le secret qui ronge sa vie depuis cinquante ans, incapable qu'elle fut de le révéler à son mari. Etudiante en archéologie, Tsubaki apprend à travers cette confession les lois cruelles de la vie : l'innocence et la naïveté des jeunes filles sont souvent abusées par les hommes de pouvoir et d'expérience, et leur destinée s'en trouve à jamais bouleversée.

Mon avis :

Les 5 tomes de la pentalogie d'Aki Shimazaki - camélia, palourde, hirondelle, myosotis, lucioles - racontent chacun la même histoire du point de vue de l'un des personnages. Sont abordés ici les secrets et histoires de familles qui pèsent sur plusieurs générations. J'ai beaucoup apprécié le mélange d'éléments fictifs et de faits historiques (le tremblement de terre de 1923, les bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki), ainsi que toutes les références au dialecte et à la culture japonaise, aussi intéressantes qu'instructives.

A noter : Le tome 2 a reçu le Prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec, le tome 3 a été couronné par le prix Canada-Japon, et le Prix littéraire du Gouverneur général du Canada a été décerné au tome 5.

Le Poids des secrets, d'Aki Shimazaki

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Rédigé par Perrine

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Publié le 14 Mars 2015

"J'ai appris quelque part, dans un livre scientifique, qu'il y a des lucioles qui clignotent à l'unisson, et même à un certain rythme. C'est comme un orchestre sans chef. Cette synchronisation était un mystère jusqu'à récemment, les gens pensaient qu'elle se produisait accidentellement. En fait, d'après le livre, le mécanisme de ce phénomène est simple : chaque insecte comporte un oscillateur, comme un métronome, dont le minutage s'ajuste automatiquement en réponse aux flashes des autres. Je crois qu'il n'y a peut-être pas de coïncidences dans ce monde. Il doit y avoir un rapport entre les phénomènes qui arrivent en même temps."

Extrait de Hotaru, d'Aki Shimazaki

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Rédigé par Perrine

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Publié le 7 Mars 2015

Genre : Roman

Date de parution : 1939

Quatrième de couverture :

En 1913, dans une petite ville de garnison autrichienne, Anton Hofmiller, jeune officier de cavalerie, est invité dans le château du riche Kekesfalva. Au cours de la soirée, il invite la fille de son hôte à danser, ignorant qu'elle est paralysée. Désireux de réparer sa maladresse, Anton accumule les faux pas qu'il attribue à ce que Stefan Zweig appelle l'« impatience du cœur ». Les personnages du seul roman que Stefan Zweig ait achevé sont les spectateurs hébétés de leur tragédie, symboles d'une civilisation décadente mais incapable de résister à l'ivresse d'une dernière valse. La prose de Stefan Zweig, brillante et raffinée, est comme le vestige de cette civilisation engloutie par la folie du XXe siècle. Une histoire d'amour déchirante où la fatalité aveugle ceux qu'elle veut perdre.

Mon avis :

Ce roman est le seul que Stefan Zweig ait achevé et publié de son vivant.

L'histoire gravite autour de quatre personnages : un lieutenant, qui se prend de pitié pour une jeune fille paralytique, le père de celle-ci, riche protecteur, et son médecin. Stefan Zweig analyse avec finesse et méticulosité les comportements et états d'âme de ces personnages, ni tout blancs ni tout noirs, et leur complexité, entre conscience et inconscient. Jusqu'au bout, le lecteur est ballotté par l'ambivalence des sentiments du héros, entre intégrité et culpabilité, sur un fond de tension tragique omniprésente.

C'est un chef-d’œuvre de l'analyse psychologique en littérature.

La Pitié dangereuse, de Stefan Zweig

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Rédigé par Perrine

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