Publié le 22 Juin 2015

Genre : Roman

Date de parution : 1995

Quatrième de couverture :

"Le spectacle se donne sans fin. Car l'instinct fait germer la chair, le désir la pousse, la harcèle quand elle s'y refuse, jusqu'à tant qu'elle cède, s'affale, se colle à une autre, et que s'assure la pérennité des lignées amoureuses."

Cela se produit de multiples fois, sans relâche, cela s'enchaîne avec beaucoup de naturel et de grâce. Un cycle sans fin pousse les femmes à se marier, à enfanter, puis à mourir.

Ainsi va le temps, secoué par le rythme des naissances et des morts, quand le besoin de transmettre l'emporte sur le désespoir de la perte d'un être cher. Un long fil de désir passe au travers des générations.

Ce court roman d'une douce gravité est un hymne à la vie et au pouvoir fécondant de la femme.

Mon avis :

J'ai trouvé ce roman magnifique. Il raconte, à partir d'une femme, Valentine, l'histoire de toute sa descendance s'étalant sur plusieurs générations. Dans cette existence jalonnée de deuils et de souffrances, c'est néanmoins la vie qui l'emporte toujours, grâce aux gendres, aux brus et aux nouvelles naissances. L'héroïne, Valentine, fait preuve d'une force incroyable face aux malheurs de son destin...

J'ai adoré la voix de cette femme, son caractère, sa résistance face à l'adversité... Tout ce qu'elle a vécu de souffrance et de joie, et tout ce qu'elle a traversé (l'évolution du siècle) est d'une richesse incroyable. Et on retrouve, dans chaque enfant, petit-enfant, ou arrière petit-enfant, un trait de ressemblance, physique ou psychique, avec Valentine.

C'est un très beau roman sur la magie de l'enfantement, la mort, la vieillesse, le souvenir et l'amour qui se transmet à chaque génération.

Voici deux extraits :

"Cette fin de vie était pleine du début de la vie des autres, ses petits-enfants qui n'étaient pas moins de cinquante. Quelquefois, pour une petite fille qui lui demandait de raconter ces choses merveilleuses (les robes longues), différentes (les mariages), tristes et inconcevables (tous ces deuils) qu'il y avait eu dans sa vie, elle ressuscitait l'immense passé, plus lointain que l'aube d'un siècle plein de métamorphoses. [...] Certains petits-enfants, elle le sentait, n'imaginaient pas qu'elle avait été jeune. Elle leur montrait des photographies. Ils riaient, sans croire que c'était elle. Si c'est moi ! disait-elle en riant. Non ! Mais si ! Les témoins avaient disparu."

***

"D'eux, il reviendra sans cesse des parcelles. La forme droite d'un nez, les yeux bleus, le grand front, la raideur, une volonté particulière, même s'il n'y a personne pour reconnaître la troublante ressemblance.

Le sang et la chair, qui n'ont jamais le temps qu'ils souhaiteraient, ont une éternité derrière et devant eux. Et les codes secrets qui commandent l'allure d'un corps à naître, la force d'un tempérament à venir, livrent les secrets de l'ombre, du froid et de la dissolution, où ils vont, d'où ils viennent."

L'élégance des veuves, d'Alice Ferney

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Rédigé par Perrine

Publié dans #Romans

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Publié le 22 Juin 2015

Genre : Nouvelles

Dates de parution : 1953 - 1956

Quatrième de couverture :

Quand la douleur ou le désarroi sont trop forts, quand les émotions nous bousculent, le bruit, l’odeur, le simple mouvement d’un arbre ou d’une source peuvent nous apaiser. Omniprésente dans ces nouvelles de Kressmann Taylor, la nature est la grande consolatrice.
Confrontés à un père tyrannique, à un professeur frustré, à des adultes qui mentent, les adolescents mis en scène avec subtilité par l’auteur ne retrouvent leur équilibre profond que dans cette immersion hors des hommes.
Humiliation, remords, mélancolie, solitude scandent ces quatre histoires toutes banales, toutes simples, faussement simples, bien sûr, car elles cristallisent admirablement nos ambiguïtés et nos tensions. On reconnaît dans ces textes courts la sensibilité, la finesse d’analyse de l’auteur d’Inconnu à cette adresse, sa capacité de saisir à vif nos déchirures, nos blessures minuscules.

Mon avis :

Les quatre nouvelles qui composent ce recueil ont d'abord été publiées dans la revue Woman's Day dans les années 50. Elles portent pour titre original : The Pale Green Fishes, The Red Slayer, The Midas Tree and The Blown Rose.

Les trois premières nouvelles (humiliation, remords et mélancolie) mettent en scène des adolescents qui ressentent des émotions fortes face à la violence, l'injustice et le mensonge, les amenant à commettre des actes graves ou symboliques pour se libérer de celles-ci.

La dernière, solitude, diffère des autres puisqu'elle relate la fin de vie d'une vieille dame, contrainte à faire des ménages.

Ces quatre nouvelles sont touchantes à cause des émotions fortes qu'elles soulèvent, chez les personnages comme chez le lecteur. La chute, brutale, est nécessaire et salvatrice.

Ainsi mentent les hommes, de Kathrine Kressmann Taylor

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Rédigé par Perrine

Publié dans #Nouvelles

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