Publié le 27 Juillet 2014

Genre : Nouvelle

Date de parution : 1987

Quatrième de couverture :

Un soupçon légitime raconte l'histoire d'un homme dont les passions vont causer le malheur de son entourage. John Limpley s'installe à la campagne avec son épouse et adopte un chien, Ponto. Adulé par son maître, l'animal se transforme en tyran... jusqu'au jour où il est délaissé, lorsque la jeune femme tombe enceinte. Et le drame survient...

Dans cette nouvelle angoissante, on retrouve le style inimitable de Zweig et sa finesse dans l'analyse psychologique. Comme dans Lettre d'une inconnue ou Le Joueur d'échecs, il dépeint avec virtuosité les conséquences funestes de l'obsession et de la démesure des sentiments.

Mon avis :

C’est une histoire terrible, et extrêmement bien menée : le lecteur progresse, lentement mais sûrement, vers un dénouement dramatique. La nouvelle révèle encore une fois le talent inouï de Stefan Zweig, qui plonge au plus profond de l’analyse psychologique de l’être. Il réussit d’ailleurs l’exploit de nous faire pénétrer l’esprit d’un animal comme celui d’un humain, nous suggérant jusqu’à ses sentiments, ses tourments intérieurs et ses desseins... C’est brillant !

En voici un extrait :

« Le regard d’un animal, en cas de détresse extrême, peut devenir beaucoup plus émouvant, j’aimerais presque dire beaucoup plus éloquent, que celui d’un être humain, car nous confions aux mots, ces intercesseurs, l’essentiel de nos sentiments, de nos pensées, tandis que l’animal, qui ne maîtrise pas la parole, est obligé de concentrer toute son expression dans sa pupille – jamais je n’ai vu de désarroi aussi bouleversant et aussi désespéré qu’à ce moment-là dans le regard indescriptible de Ponto, alors que ses pattes grattaient le bas de ma jupe comme pour demander l’aumône. »

Un soupçon légitime, de Stefan Zweig

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Rédigé par Perrine

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Publié le 27 Juillet 2014

Genre : Roman

Date de parution : 1993

Quatrième de couverture :

Voici ce qui se passe : Matthieu, quarante ans, architecte, marié, sans enfant, mais doté d'une jeune maîtresse, aimé des femmes d'une façon générale et aimant la vie qui le lui rend bien, apprend un matin par son docteur qu'il a un cancer des poumons et qu'il sera mort dans les six mois. On se doutait bien que l'on était mortel, qu'un jour il nous faudrait mourir, mais pas d'une façon aussi précise. C'était toujours plus tard, beaucoup plus tard dans notre esprit. Autant dire jamais. Matthieu va passer sa journée à consulter ses amis, ses femmes, ses pensées et son passé. Tout lui renvoie un reflet de lui-même qu'il ne connaissait pas. En fait, Matthieu veut bien mourir mais pas sans avoir été aimé, pas sans être sur d'être pleuré : il attend un cri, il n'entend que des chuchotements. Bien sûr, il a eu, autrefois, une femme qui, peut-être...

Comment Sagan s'y prend-elle pour nous faire rire et nous séduire avec ce livre grave et dénudé, c'est un des grands bonheurs de ce Chagrin de passage.

Mon avis :

Dans cet avant-dernier roman, Françoise Sagan aborde avec humour et légèreté une histoire au thème grave, la rendant même piquante et distrayante.

Le héros de l’histoire, Matthieu, tire de circonstances dramatiques – l’annonce du diagnostic d’un cancer des poumons – plusieurs enseignements : il découvre qui sont réellement ses amis, ses amours, comment ils réagissent face à une situation si tragique et fatale – incrédulité, lâcheté ou tendresse –, mais il apprend aussi à vivre chaque instant comme si c'était le dernier, redevenant pleinement lui-même, intègre à ses désirs et ses aspirations profondes, cessant de se voiler la face. Cette journée va suffire à bouleverser son existence qui ne le comblait pas…

Un chagrin de passage, de Françoise Sagan

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Rédigé par Perrine

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Publié le 23 Juillet 2014

« Le souvenir fit resurgir une autre scène de son enfance.

Elle était sur la plage avec son père, et il lui demanda d’aller voir si la température de l’eau était bonne. Elle avait cinq ans. Ravie de pouvoir l’aider, elle alla jusqu’au rivage et se trempa les pieds.

"J’ai mis les pieds, elle est froide", lui dit-elle.

Son père la prit dans ses bras, marcha avec elle jusqu’au bord de la mer et, sans prévenir, la jeta dans l’eau. Elle fut effrayée, mais ensuite elle s’amusa de la plaisanterie.

"Comment est l’eau ? demanda le père.

- Elle est bonne, répondit-elle.

- Alors, dorénavant, quand tu voudras connaître quelque chose, plonge dedans."

[...]

Elle avait très vite oublié cette leçon. Bien qu’elle n’eût que vingt et un ans, elle avait eu beaucoup de centres d’intérêt, et elle y avait renoncé aussi vite qu’elle s’en était enthousiasmée. Elle n’avait pas peur des difficultés : ce qui l’effrayait, c’était l’obligation de devoir choisir un chemin.

Choisir un chemin signifiait en abandonner d’autres. Elle avait une vie entière à vivre, et elle pensait toujours que peut-être elle regretterait, plus tard, ce qu’elle voulait faire maintenant. […] Elle voulait parcourir tous les chemins possibles, et elle allait finir par n’en parcourir aucun.

Même en amour, […] après la première déception, elle ne s’était plus jamais livrée complètement. Elle redoutait la souffrance, la perte, l’inévitable séparation. Evidemment, elles étaient toujours présentes sur la route de l’amour, et la seule manière de les éviter, c’était de renoncer à parcourir cette route. Pour ne pas souffrir, il fallait aussi ne pas aimer. Comme si, pour ne pas voir les désagréments de la vie, on finissait par se crever les yeux.

[…]

Il fallait courir des risques, suivre certains chemins et en abandonner d’autres. […] Personne n’était capable de choisir sans avoir peur. Pourtant, c’était la loi de la vie. […] Nul ne pouvait [y] échapper […], même en ne prenant jamais aucune décision, même sans rien changer ; parce que c’était déjà en soi une décision, […] sans les trésors cachés. »

*****

« Elle avait déjà éprouvé l’amour, mais jusqu’à cette nuit, l’amour signifiait aussi la peur. Cette peur, aussi faible fût-elle, était toujours un voile, à travers lequel elle pouvait distinguer presque tout, sauf les couleurs. Et, en ce moment, […] elle comprenait que l’amour était une sensation liée aux couleurs. […]

"Tout ce que j’ai perdu par peur de perdre !" pensa-t-elle, en regardant les arcs-en-ciel. »

*****

« J’ai peur de l’amour, parce qu’il renferme des choses qui dépassent notre compréhension ; sa lumière est immense, mais son ombre m’effraie. »

*****

« Avoir des défauts, […] c’est la seule manière d’être près des personnes tout en restant soi-même. […] C’est cela la vie, […] se tromper. Les cellules se sont reproduites exactement semblables pendant des millions d’années, et puis l’une d’elles a commis une erreur. Alors, quelque chose pouvait changer dans cette répétition interminable. »

*****

« On offre des fleurs parce que dans les fleurs se trouve le véritable sens de l’Amour. Celui qui tente de posséder une fleur verra sa beauté se flétrir. Mais celui qui regarde simplement une fleur dans un champ la gardera pour toujours. »

Extraits de Brida, de Paulo Coelho

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Rédigé par Perrine

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Publié le 23 Juillet 2014

« Pourquoi faudrait-il ne retenir de la vie que sa part de lumière ? C’est l’ombre qui donne à la lumière sa splendeur. »

***

« L’éternité n’est pas dans le temps, elle est dans la profondeur. Dans son vertige. »

Citations de Puisque rien ne dure, de Laurence Tardieu

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Rédigé par Perrine

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Publié le 7 Juillet 2014

Genre : Histoire vraie

Date de parution : 2006

Quatrième de couverture :

« Tous les ingrédients d'une tragédie sont réunis : une province, moisie, un automne désolé, un petit monde gangrené par les rivalités, un corbeau insolent, une famille détraquée, un père sanguin, une jeune mère éplorée, un crime aux allures de rituel, des investigations conduites en dépit du bon sens, des policiers rapidement dépassés, des suspects successifs, des aveux et des rétractations, des coups de théâtre et des baudruches qui se dégonflent, des renversements de situations ou d'alliances, un juge ballotté, des innocents au regard coupable, des accusés relâchés, des trahisons imprévues et des fidélités inexpugnables, et à la fin, une énigme irrésolue... »

Mon avis :

J’ai trouvé ce roman bouleversant. Cela faisait un certain temps que je n’avais pas lu un roman aussi palpitant, éprouvant et haletant : j’en ai ressenti des frissons, et cette histoire ne m’a pas lâchée ! On y est littéralement plongé, happé ; ce livre nous touche au plus profond de nous, avec une nécessité incroyable d’en finir, d’en venir à bout pour souffler. Mais la fin ne nous laisse pas de répit…

Bien documenté et bien écrit, ce roman est d’autant plus marquant qu’il s’agit d’une histoire vraie… Je le recommande fortement, mais attention aux âmes sensibles !

L’enfant d’octobre, de Philippe Besson

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Rédigé par Perrine

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Publié le 7 Juillet 2014

Genre : Histoire vraie

Date de parution : 2011

Quatrième de couverture :

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

Mon avis :

Ce roman à caractère biographique et autobiographique est très personnel, même peut-être un peu trop intime... Il traite des histoires, des malédictions et des secrets de famille, non-dits qui pèsent et se transmettent inconsciemment entre les générations, ainsi que du déterminisme de l’enfance et de la relation avec la mère, théorie fondatrice de la psychanalyse. C’est une histoire très dure, sur la violence et la folie, qui ne nous laisse en rien indifférent...

Ce livre est loin d’être plaisant, mais vraiment très intéressant.

Rien ne s’oppose à la nuit, de Delphine de Vigan

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Rédigé par Perrine

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Publié le 2 Juillet 2014

« Profitez aujourd’hui de toutes les grâces que Dieu vous a accordées. On ne peut pas thésauriser une grâce. Il n’existe pas de banque où l’on puisse déposer les grâces reçues pour en faire usage selon son bon vouloir. Si vous ne profitez pas de ces bénédictions, elles seront irrémédiablement perdues. »

***

« Nous devons faire le meilleur usage de notre temps. Nous devons lutter pour nos rêves et concentrer nos efforts dans ce sens.

Mais il ne faut pas oublier que la vie est faite de petits plaisirs : ils sont là pour nous stimuler, nous aider dans notre quête, nous accorder des moments de répit tandis que nous menons nos batailles quotidiennes.

Ce n’est pas un péché que d’être heureux. Il n’y a aucun mal à transgresser de temps en temps certaines règles […].

Ne vous culpabilisez pas si parfois vous perdez du temps à des vétilles. Ce sont les petits plaisirs qui sont nos plus grands stimulants. »

***

« Nous-mêmes, très souvent, [...] ne nous permettons pas de commettre une erreur. Tout ce que l'on obtient par cette attitude, c'est la crainte d'aller de l'avant.

La peur de se tromper est la porte qui nous enferme dans le château de la médiocrité. Si nous parvenons à la vaincre, nous faisons un pas décisif vers notre liberté. »

Extraits de Maktub, de Paulo Coelho

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Rédigé par Perrine

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Publié le 2 Juillet 2014

« - Moi aussi, vous savez, j’ai tenté d’écrire. J’ai longtemps cherché, dans la phrase des autres, le savoir-faire, cette clôture parfaite qui faisait d’eux des écrivains. Je disséquais ce tissu serré, dense, multiple, j’admirais leur habileté, leur précision. Je rêvais d’apprivoiser la phrase, son rythme et sa texture, mais j’avais lu trop de langues pour croire que j’étais capable d’en inventer une.

- Vous avez renoncé ?

- J’ai continué à lire. Et à rêver. J’ai compris trop tard que la langue n’était pas une affaire de savoir-faire, et encore moins de perfection. Qu’est-ce qui donne aux mots les plus usés, aux phrases les plus convenues cette musique souterraine ? Voyez comme les écritures les plus arides, les plus sèches, nous font parfois vaciller. Lisez tout haut, écoutez le son, voyez comme certaines phrases résonnent, s’insinuent, qui n’ont rien d’extraordinaire en apparence, rien en leur syntaxe ne relève de la prouesse ou de la performance, elles n’ont rien à prouver, il suffit de les écouter. La langue surgit du corps, monsieur, qu’elle vibre, qu’elle hurle ou qu’elle murmure, qu’elle s’étire ou se resserre, elle finit toujours par se donner à voir, à entendre, à caresser. »

***

« - Un livre n’est jamais fini. Même imprimé, il continue à vivre, comme un organisme autonome, appelle les ratures, les précisions, il souffre de ses amputations, il attend réparation. Un livre est comme un amour blessé, lacunaire, il contient en lui ce qu’il aurait pu être et qu’il n’a pas été, cet impossible retour en arrière, ce qu’on aurait dû dire, ce qu’on aurait dû taire, il porte en lui la douleur d’avoir été abandonné. »

Citations d’Un soir de décembre, de Delphine de Vigan

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Rédigé par Perrine

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Publié le 2 Juillet 2014

Genre : Essai

Date de parution : 1998

Quatrième de couverture :

L'idée ne viendrait pas à Françoise Sagan de raconter sa vie. Mais relire ses livres, pourquoi pas, ce que les écrivains font très rarement. Après tout, ce sont « des bornes vérifiables », ponctuelles de son histoire personnelle, autour desquelles des souvenirs viennent s'agréger. Et la voilà plongée, de Bonjour tristesse à Un chagrin de passage, les commentant tout haut, avec une sincérité étonnante, se distribuant bons et mauvais points, jugeant de ses réussites comme de ses facilités, laissant flâner son esprit, par associations d'idées, sur les amis et les amours d'autrefois. Et retrouvant, du coup, son enfance à Cajarc, sa jeunesse, ses voyages, ses maisons.

Mon avis :

Dans cet essai, après avoir relu ses romans pour la première fois, Françoise Sagan nous les commente, cite certaines critiques de l'époque, les met en lien avec leur contexte d'écriture et des événements de sa vie personnelle.

Ce retour sur soi et sur son œuvre romanesque nous permet de mieux la connaître, ouvre des pistes de réflexions intéressantes sur le travail de l'écrivain et sur le lien entre ses productions et certains de ses éléments biographiques. Je le recommande à tous ceux qui ont lu et aimé Françoise Sagan !

Voici quelques extraits qui m'ont intéressée :

« Je ne fais pas de plans, je n'en ai jamais fait. Les quelques fois où j'essayai, ils tombèrent très vite à l'eau, ce qui est normal. J'embarque mes héros au début de mes livres, je les mets en rapport et les laisse un long moment se débrouiller sans moi. Je veux dire que les propos ou les gestes qu'ils s'inspirent les uns les autres précisent leur personnalité, au départ confuse, et qu'il suffit d'attendre pour que leurs caractères s'imposent. Même si au départ ils sont pratiquement libres, j'en aurais vu beaucoup s'écarter radicalement de leur rôle original. [...] Ils ne tournèrent casaque qu'une fois le bateau parti, et pour mon plus grand plaisir : je n'ai jamais été autoritaire d'abord, et ensuite, tous ces renversements me plaisaient. C'est très agréable d'écrire un livre dans ces conditions, avec autant de curiosité, peut-être plus que le lecteur. »

***

« La mémoire est aussi menteuse que l'imagination, et bien plus dangereuse avec ses petits airs studieux. »

Derrière l'épaule, de Françoise Sagan

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Rédigé par Perrine

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