Extraits de La conversation amoureuse, d'Alice Ferney

Publié le 24 Février 2018

"Ils s'étaient liés par serment, selon les lois de l'Eglise et de l'Etat. Ils avaient vécu des journées et des nuits conjugales. Ils avaient prononcé des mots d'amour. Ils s'étaient avancés sur les grandes pentes de l'intimité, jusqu'à ce moment saugrenu où l'on croit connaître un autre que soi, jusqu'à cette amertume de découvrir que non, jusqu'à former en dépit de cela une gerbe de corps nus et drus, jusqu'à se voir et se revoir et ne plus se voir, être aveugle et plein d'habitudes, ne plus distinguer ni le corps, ni l'esprit de l'autre. Ils étaient venus à ce point de la vie commune où l'on découvre, dans l'inexorable quotidienneté de l'existence, dans la misère du désir disparu, dans les envoûtements dissipés, la vigilance qu'il faut pour restituer sans cesse à l'amour ce que le temps lui enlève et faire scintiller ce qu'il lui apporte."

***

"Je ne connais aucune femme mieux que toi, et je te trouve enfin, et tu es la tendresse de ma mère, et tu es mon désir, l'image exacte du voeu qu'en moi j'ignore, et je ne peux plus rien que te regarder, toi la dame de mes songes, je ne puis plus que me déployer pour te plaire, t'enchanter et te coucher sous mon désir, et j'ai l'air stupide ravagé par ce soudain tourment, et je suis innocent, moi qui n'ai jamais été bête et même par amour !"

Extraits de La conversation amoureuse, d'Alice Ferney

Rédigé par Perrine

Publié dans #Citations

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