Derrière l'épaule, de Françoise Sagan

Publié le 2 Juillet 2014

Genre : Essai

Date de parution : 1998

Quatrième de couverture :

L'idée ne viendrait pas à Françoise Sagan de raconter sa vie. Mais relire ses livres, pourquoi pas, ce que les écrivains font très rarement. Après tout, ce sont « des bornes vérifiables », ponctuelles de son histoire personnelle, autour desquelles des souvenirs viennent s'agréger. Et la voilà plongée, de Bonjour tristesse à Un chagrin de passage, les commentant tout haut, avec une sincérité étonnante, se distribuant bons et mauvais points, jugeant de ses réussites comme de ses facilités, laissant flâner son esprit, par associations d'idées, sur les amis et les amours d'autrefois. Et retrouvant, du coup, son enfance à Cajarc, sa jeunesse, ses voyages, ses maisons.

Mon avis :

Dans cet essai, après avoir relu ses romans pour la première fois, Françoise Sagan nous les commente, cite certaines critiques de l'époque, les met en lien avec leur contexte d'écriture et des événements de sa vie personnelle.

Ce retour sur soi et sur son œuvre romanesque nous permet de mieux la connaître, ouvre des pistes de réflexions intéressantes sur le travail de l'écrivain et sur le lien entre ses productions et certains de ses éléments biographiques. Je le recommande à tous ceux qui ont lu et aimé Françoise Sagan !

Voici quelques extraits qui m'ont intéressée :

« Je ne fais pas de plans, je n'en ai jamais fait. Les quelques fois où j'essayai, ils tombèrent très vite à l'eau, ce qui est normal. J'embarque mes héros au début de mes livres, je les mets en rapport et les laisse un long moment se débrouiller sans moi. Je veux dire que les propos ou les gestes qu'ils s'inspirent les uns les autres précisent leur personnalité, au départ confuse, et qu'il suffit d'attendre pour que leurs caractères s'imposent. Même si au départ ils sont pratiquement libres, j'en aurais vu beaucoup s'écarter radicalement de leur rôle original. [...] Ils ne tournèrent casaque qu'une fois le bateau parti, et pour mon plus grand plaisir : je n'ai jamais été autoritaire d'abord, et ensuite, tous ces renversements me plaisaient. C'est très agréable d'écrire un livre dans ces conditions, avec autant de curiosité, peut-être plus que le lecteur. »

***

« La mémoire est aussi menteuse que l'imagination, et bien plus dangereuse avec ses petits airs studieux. »

Derrière l'épaule, de Françoise Sagan

Rédigé par Perrine

Publié dans #Essais

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